La Dzane
La Jeanne était belle ; maintenant , elle est vieille ; plus des avatars de la vie que des années. Elle cherche partout, la Jeanne. Elle cherche ses galants.... Ils sont partis un jour d'été en abandonnant les foins et les moissons. Ils ne sont jamais revenus les ingrats, malgré leurs belles promesses. Alors la Jeanne , elle attend. Et quand elle a fini d'attendre, elle les cherche......
La Dzane
Al a corri tant qu’à la r’vire ; quouâ don qu’ôl é mon grand Dzan ?
Al a pri la corsire que meune à la serve ; quouâ don qu’ôl é mon ch’tit Touâne ?
Al s’é enrailli du coûté d’l’étang ; quouâ don qu’ôl é mon biau Tiène ?
Al a martsi tot l’long du ria ; quouâ don qu’ôl é mon grous B’nat ?
Al s’é renv’ni p’le tsemin du crot ; quouâ don qu’ôl é mon brave Dzozé ?
Al s’é pentsi pe vouâ l’éille du puits ; quouâ don qu’i san ? quouâ don qu’i san ?
Reveuille-te la Dzane ! ! Reveuille-te ! ! I fau te renv’ni vés ta.....
La Dzane, al tsertse ses galants ; ses galants qu’san parti à la guérre. La guérre qu’en fini pas, c’man totes les guérres. P'tète bin qu'i san pas rev'ni ? Si un dzo vos passi à coûté d’la Dzane, li cauzi pas d’ses galants. I san ran qu’à leuille ! !
La Jeanne
Elle a couru jusqu'à la rivière ; où est-il mon grand Jean ?
Elle a pris le raccourci qui mène à la source ; où est-il mon petit Antoine ?
Elle est partie en direction de l'étang ; où est-il mon bel Etienne ?
Elle a marché le long du ruisseau ; où est-il mon gros Benoît ?
Elle est rentrée par le chemin qui mène à la mare ; où est-il mon bon Dzozé ?
Elle s'est penchée sur la margelle du puits ; où sont-ils donc ? où sont-ils donc ?
Réveille-toi la Jeanne!!Réveille-toi !! Il faut rentrer chez toi...
La Jeanne, elle cherche ses galants ; ses galants qui sont partis à la guerre. La guerre qui n'en finit pas, comme toutes les guerres. Peut-être qu'ils sont restés là-bas ? Si un jour, vous passez tout près, ne lui en parlez surtout pas. Ses amoureux n'appartiennent qu'à elle... !