CARMENTRAN
Carmentran, c'est à dire étymologiquement "Carême entrant", qui correspond grosso-modo à un événement mieux connu aujourd’hui sous l’appellation de Mardi Gras, est une fête qui revêt une importance particulière dans la région. Il suffit pour s’en convaincre de se rendre au moins une fois au Carnaval de Chalon-sur Saône.
Dans nos villages, les enfants se faisaient une joie d'aller « freugonner » (fouiller) dans les « greunis » (greniers) à la recherche de quelques vieux « affutiaux » ou bien quelques « pendiôleries » (de vieilles nippes) pour se « gôner » (se déguiser). Puis la petite troupe ainsi rendue méconnaissable allait « tabouler » (frapper) aux portes pour réclamer quelques « tsattries » (friandises.) Comme on s'en doute, leur plaisir était encore accru lorsque les gens (en principe les voisins d' à côté) faisaient mine de ne pas les reconnaître : « Davou que v'nant ç'tés étrandzis? I sant pas d'itié! » (D'où viennent ces étrangers? ils ne sont pas d'ici!)
En définitive, Carmentran était surtout l'occasion de se gaver de douceurs :
En voici quelques exemples :
- Les « mate-faims » : sortes de crêpes épaisses.
- Les « coques » : genre de pain perdu frit.
- Les gaufres , dont on remplissait un « corbillon » (une corbeille) et que l'on mangeait parfois trempées dans du vin sucré.
- Les « épognes » : à mi chemin entre pains et gâteaux, quelquefois aux fruits.
- Les « beugnes » : les traditionnelles « bugnes » (beignets de Carnaval), bien connues dans toute la région.