Cardzot n°59
Le cardzot n° 59 du 13 février 2014 nous a donné l'occasion de nous pencher sur des sujets aussi divers que variés, avec toujours le même plaisir de découvrir ou de redécouvrir les trésors de notre Tseu.
Phytothérapie du Tseu
Si vos ramassez des gratte-cul aprés les peurmîres dzalées vos pouyez vos pyanter eune épeune bié profond. Cment don fare sorti tot seu çhte foutue épeune ? Dz'vas vos y dère : y faut fare eune compresse dave eune fleur de lys qu'arot trempé dans la goutte ; t'vas t'coutsi davo çan !... l'matin quand te t'leuves l'épeune a sorti tot seu.
Dictons de février (les deux font référence à sa durée de 28 ou 29 jours) :
Feuvri est mois béni vu qu'les feunes djant moins d'mentries!
Le seul bon dzo pe t'maryi, y'est bin le 30 du mois d'feuvri !
Mots du Tseu
chelle n.f. Tabouret à 3 pieds utilisé pour la traite.
chèlon n.m. Petit banc sur lequel on pose ses pieds pour les isoler du sol.
chitelle n.f. Tabouret. On dit aussi sitelle et même sitralle à Saint Quentin.
ébizàyi v. Cingler jusqu'à provoquer des gerçures en parlant de la bise. Tirée d'un conte qui reste à écrire, cette phrase : La pourre orpheline, akeurkeuillie, ses ptçhets pîds nus dans la neudze, dave renque eune ptiète biaude de laiñne su la piau, gueurdalot à l'hiveurnodze, ébizayie, niaquée p'le vent qu'boffot en heurlant dans les grandes brintses des fòyârds quoî qu'le loup la pidrot en se rlatsant les babines.
embizàye n.f. Irritation due au frottement des vêtements sur la peau.
encrâre (faire) ou encrère v. (de accroire) Mentir, tromper, faire croire, abuser de la crédulité de quelqu'un. Ce verbe est déjà dans le lexique. Quelques expressions relatives à la personne qui fait encrâre : Ôl a vu l'loup pter su la piârre de bôs. Ô farot tter un viau d'sept ans ! Ô t'farot emprende eune allmette dans ll'iau !
freuilli, freuillon n.m. Irritation due au frottement de la peau, notamment aux jointures et articulations.
moûle (de bôs) n.m. Unité de mesure correspondant à 2 stères 1/3 soit 1,33m x 1,33m x 1,33m.
pautrée n.f. Rossée.
pautrer v. Tasser, piétiner, fouler.
pçhat n.m. 1. Urines. Allons, articulez bien : Le ptçhet tsat du tsècheu avot tseu dans l'pot d'pçhat. Le pot de pissat, ou vase de nuit, ou encore pot de chambre lorsqu'il ne s'appelle pas un jules, un gogueneau, un bourdalou, est inconnu sous ce vocable de pot d'pçhat, on parle du pot d'peuçhe. 2. Trombe d'eau, subite et de courte durée.
pitre n.f. Trace. Alle suivot dans la neudze, cment dans son llive de messe, les pitres au corrateux.
répier , répî n.m. (du germanique hrispa, broussaille). Roncier. On retrouve ce mot en Bourgogne, sous la forme "reppe". Une "reppe" dans le sud chalonnais c'est une forêt inondable généralement envahie par les ronces. On rapprochera ce mot du répi, qui désigne dans le Brionnais un talus longeant une route (forcément envahi par les ronces en raison de la difficulté de son entretien) ; à Suin le répier désigne une garenne, c'est-à-dire un terrain dans lequel les broussailles constituent d'excellents refuges pour le gibier.
tartrie n.f. Rhinante tête de coq ; c'est une plante qui pousse dans les parties les plus sèches des prés (les tétes de pré) de fauche ; elle a disparu depuis que tous les prés sont utilisés en pâturage.
teûrrot n.m. Tertre, haut de côte . D'après Mario Rossi ce mot aurait une racine préceltique :Taur, turr(a).
trédzi v. (du latin trebiare, fréquenter) 1. Ce verbe a conservé le sens de fréquenter à Saint-Quentin où l'on dit en parlant de deux amoureux : is s'tréjant : ils se fréquentent. 2. Devenir familier de quelqu'un, s'accoutumer, se familiariser.
tsîre n.f. (du latin càthedram, le siège à dossier) La chaise. La chaire d'église s'appelle un beuillou (en raison de sa forme généralement arrondie), ou plus irrévérencieusement un caquetoire.
Expressions du Tseu
attende après quèqu'un (tournure de phrase signifiant : compter sur, avoir besoin de) De plus en plus rare en français cette tournure de phrase perdure au Pàys du Tseu. Si t'crâs qu'alle attend après ta !
belle (de) loc. signifiant rien, à rien, de rien. T'y sais d'belle : tu n'en sais rien. Y m'avance de belle : ça ne m'avance à rien.
coper des traces (nord du Charolais) Elaguer les buissons.