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Le pays du Tseu

Quelques expressions

27 Septembre 2013 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Textes

Quelques expressions

On entend toutes sortes d'expressions, généralement prononcées sur le ton de la plaisanterie, adaptées aux diverses circonstances de la vie quotidienne :

«Dans un grand aisément y s'perd ren» (Dans un grand récipient rien ne se perd)

« Un ts'vau donné, nous avise pas s'ol a des dents » (Si on vous donne un cheval, il ne faut pas regarder s'il a des dents)

« Anñée d'alognes, anñée d'tsarogne » (Année de noisettes, mauvaise année)

« Au quinze oû la lampe au çhyou » (au clou), pour faire remarquer qu'une fois passé le 15 août, le soir commence à venir plus tôt et qu'il faut accrocher une lampe pour y voir plus clair.

« A la Sainte Catherine, tôt âbre (arbre) prend racine.»

« Y a qu'les mentous qu'ant d'braves keurdes.»

(II n'y a que les menteurs qui ont de belles courges)

« Un bon bâillou (bâilleur) en fat bâilli (bâiller) sept »

« Y a point d'mau qu' beun' en veunne » (A quelque chose malheur est bon; mot à mot: il n'y a pas de mal qu'un bien n'en vienne)

Pour inviter un convive, à se servir , on a coutume de lui dire :

"Serve te don" (sers-toi), et on peut ajouter:

"La coue te tsé" (La queue —de la cuiller— t'échoit)

Lorsqu'on veut vanter la qualité de l'eau de son puits :

"Mòn iau vaut du p'tiet vin" (Mon eau vaut du petit vin.)

Pour dire qu'on a envoyé promener quelqu'un :

"Nous l'ans nenv'yi ès p'loces" (Littéralement :"Nous l'avons envoyé aux prunelles")

De quelqu'un qui part sans prévenir :

"O nous a dzué (joué) du poivre". (On entend aussi: "O nous a tsi du poivre".)

Lorsque les chaussures de quelqu'un crissent (parce qu'elles sont neuves), on lui dit:

«Tes souyés s'pyégnant qu'i sant pas pàyés» (Tes souliers se plaignent qu'ils ne sont pas payés)

Lorsqu'on s'est « agoué » (étranglé) en mangeant ou en buvant, on vous fait remarquer:

« Y est passi p'le trou d'la preûyire » (ou: « du dimantse ».) Il est sous-entendu que l'on est puni parce qu'on a oublié de faire sa prière.

Lorsqu'on a pas eu le temps (ou le courage) de faire son lit le matin, le soir venu on est obligé de :

« S'coutsi à la r'tsaude. » (Quelque chose comme : se coucher à "la réchauffée")

De quelqu'un qui ne s'arrête jamais de travailler, d'un enfant qui ne cesse de courir en tous sens, on peut dire :

« O n'a point d' paix ni apaise »

Après s'être mouché :

« Encô un d'motsi, les autes s'rant moins hardis" (Encore un de mouché, les autres seront moins hardis)

Une façon humoristique de dire qu'on va se coucher :

« Dz'va m'sitter c'ment les vatses » (Je vais m'asseoir comme les vaches)

Lorsque quelqu'un ne veut pas prendre le temps de s'asseoir (par exemple quand on lui offre une tasse de café), on lui dira :

« Te vas gueurdeûler quand t's'ras mô. »

(Tu vas trembloter quand tu seras mort)

Et pour finir, après être tombé sur son séant:

« Dze m'su cassi l'verre de montre mas la sounnerie a ren ésu. »

(Je me suis cassé le verre de montre mais la sonnerie n'a rien eu.)

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Marie de Cabardouche 10/10/2013 16:15

" La quoue dou morgout a bin fini pou v'ni ".
" La queue du matou a bien fini par arriver ".
Qui équivaut à " Tout vient à point à qui sait attendre".

Olivier 11/10/2013 21:39

Je m'empresse de tseufier (j'ai inventé ce verbe à l'instant pour les besoins de la cause), je m'empresse de traduire en langage "tseu" ces deux expressions savoureuses :
- la quoue du tsat a bin fini pe vni.
- alle est dmorée su ses ûs.

Marie de Cabardouche 11/10/2013 17:20

En Franche-Comté, dans le bas jura (région de Bletterans, proche de la Bresse).
Une autre expression (logique aux frontières de la Bresse!) :
"Ill ê d'moraïe su sê ûs".
"Elle est restée sur ses oeufs". ("Elle est restée vieille fille".)

Eric Condette 10/10/2013 16:56

Voici encore une bien jolie expression à ajouter à notre collection. Dans quel partie de la région peut-on l'entendre?

Olivier 27/09/2013 19:02

La dernière que j'ai entendue : en parlant d'un couteau qui ne coupe pas, "Les dents d'la mémé copant mais qu'çan !"

Eric 27/09/2013 19:40

Encore une expression savoureuse autant qu'imagée... C'est ça la dynamique de groupe: quelqu'un lance un truc et ça en entraîne plein d'autres.
Alors, allez, les patoisants! C'est pas si compliqué de mettre un commentaire ou de nous envoyer un document. A voté pyeumes !!!

le m'tse 27/09/2013 16:37

Les expressions sont-elles toutes de Trivy?
En voilà, une de Trambly : Y é la mô qu'le meûne....C''est la mort qui le mène...autrement dit il est obsédé par son travail, il n'a qu'une idée en tête

Eric 27/09/2013 19:36

Oui, ces expressions sont toutes d'origine treuvijaude. Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas aussi ailleurs. Je les ai recueillies auprès de personnes d'âges et de sexes différents (pour la plupart, hélas, aujourd'hui décédées.)
Je te remercie de cette sage maxime de Trambly qui me conforte dans l'idée que cette commune est peuplée de philosophes.
Peut-être cette expression existe-t-elle aussi à Trivy ? J'essaierai de le vérifier quand j'en aurai l'occasion.
PS: Pe ma, dz'aiñme bié mon travau, mas pas tant qu'à me laissi m'ner p' la mô...