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Le pays du Tseu

La Gustine en avot trové yun dans la boutseûre

30 Mai 2013 , Rédigé par Michel Lapalus Publié dans #Textes

La Gustine en avot trové yun dans la boutseûre

Y'est en s'renvnant d’en tsamp és tseuvres que la Gustine avot vu les doux pids qu'dépassint d’la boutseûre. Y'avot pas ren qu’les pids dans la boutseûre, y'avot tot l’réste : eun homme qu’étot tot dépnailli, éstrafilé d'peurtot, que guémentot….que guémentot…

Alle a été qri sa svire, alle l’a tsardzi avu bié des maux, pis alle l’a nemmné vés leuille. Alle li a doñné à bouère, alle a débarboïlli sa dzambe qu’étot ençhyi pis tote nère, li a veurssi dssus un varre de goûte. Çan, y l’a bin révlli ! Y'est en l’avisant meux achteûre qu’alle a vu qu’y étot un papioulé tot rodze. De qua don qu’ô pöyot bin sorti ç'tu bougre là ? Y'étot l’premi cop qu’alle en väyot un !!

Aprés quéques dzos de boñne sope u lard et pis d’gaufes de bié na, ô s’étot bié rempyeumé, l’papioulé. Pis un matin, pus de papioulé ! Ôl étot parti dans la neit sans dère atsi. Ôl avot tot d’minme laissi un ptiet cadiau qu’est arrivé quéques mas pus tard : eune feuille tote papioulée cment son pére. Pis qu’a toudze tiri de son coûté. Pis qu’un dzo a voli parti cment son pére. Qu’a été s’piéci, pis qu’est dzamais revni.

La mére va toudze en tsamp és tseuvres. Alle passe bié des cops dvant çte boutseûre quouâ qu’alle a vu les pids du papioulé. Y'a des neits o qu’alle voît des pids peurtot, des pids qu’dépassant d’la grandze, du greni, du saillot du dzardin…..

Y'a des dzos o qu’alle sondze a aller meûri dans la boutseûre. Mas y'est eune feune qu’ainme pas dérandzi l’monde. Vos cognaissi bin la Gustine. Al crint le freud note Gustine ; y'est pas leuille qu’va laissi dépassi ses pids…. !!

Augustine en avait trouvé un dans la haie

C’est en revenant de garder ses chèvres qu’Augustine avait vu les deux pieds qui sortaient de la haie. Et il n’y avait pas que les pieds, il y avait tout le reste : un homme aux vêtements déchirés, blessé un peu partout, qui se plaignait....qui se plaignait...

Elle est allé chercher sa brouette, elle l’a chargé avec difficulté et l’a enmené chez elle. Elle lui a donné à boire, elle a nettoyé sa jambe, très enflée et toute noire. Elle a versée dessus un verre d’eau de vie, qui l’a bien réveillé !! En le regardant mieux, elle s’est aperçue que l’homme était rouquin et couvert de taches de rousseur. D’où venait-il ce vagabond ? C’est la première fois qu’elle en voyait un, avec de tels cheveux !!

Après quelques repas de bonne soupe au lard et de gauffres de sarrazin ; il avait retrouvé la santé. Et un matin, il est parti sans dire merci, tout en laissant un petit cadeau, arrivé quelques mois plus tard : une fille rouquine comme son père. Et qui lui ressemblait tellement, qu’une fois grande, elle est partie, elle aussi. Partie pour être domestique et sans retour chez sa mère.

Augustine va toujours garder ses chèvres. Elle passe souvent devant la haie en se souvenant des pieds du rouquin. Certaines nuits elle voit des pieds partout, des pieds qui dépassent de la grange, du grenier, du portillon du jardin...

De temps en temps, elle pense a mourir dans la haie. Mais c’est une femme qui ne veut déranger personne . Vous connaissez Augustine ; elle ne supporte pas le froid ; ce n’est vraiment pas elle qui va laisser traîner ses pieds n’importe où.... !!

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Jackson 02/06/2013 12:43

Pour brouette, je ne connaissais pas "svire"... mais plutôt "breute" ou beurouette". D'où vient l'éthymologie ?

Olivier de Vaux 02/06/2013 13:46

Mon cher Jackson, (Michael ?) l'étymologie (contestée) de svire est la suivante : le latin tardif cibàriam, engin pour transporter les provisions, puis brancard pour transporter le fumier, puis brouette. La barote, beurte, beurouette, quant a elle, vient du latin populaire birotam désignant un véhicule à deux roues. La brouette n'a plus qu'une roue, quant à la svire elle ne sert à transporter les blessés que depuis le XXe siècle, avant elle transportait surtout du fumier.

Olivier Chambosse 30/04/2013 16:08

Pour ceux que l'image intéresse, voici ce qu'il en est dit sur le site où je l'ai trouvée (Topic Topos, patrimoine des communes de France) : "Cette peinture sur bois, exécutée par un artiste inconnu, représente l'arrestation d'un vagabond par deux gendarmes à pied. D'après leur uniforme, l'événement se situe au début de la IIIe République. En effet, les gendarmes sont coiffés du képi, antérieur à 1870, et portent la tunique décrite dans le règlement du 7 décembre 1871. En outre, le militaire de droite possède le sabre-baïonnette du « Chassepot » modèle 1866, qui est remplacé en 1874. La personne appréhendée est un vagabond dont le ballot, éventré sur le sol, laisse apparaître divers ustensiles de cuisine tels une marmite, une casserole, un gobelet, deux cuillères et une fourchette. L'intérêt de ce tableau tient à ce qu'il représente des gendarmes en action au cours d'une mission de police judiciaire."