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Le pays du Tseu

Cardzot de Seuvgnon n°52

25 Juillet 2013 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #Ateliers

Cardzot de Seuvgnon n°52

La 52ème séance du cardzot d'Seuvgnon, basée sur les premières pages du lexique de Trivy d'Eric Condette, a été l'occasion de constater les différences importantes entre le patois de Sivignon et celui de Trivy, alors que les deux communes sont limitrophes. Les mots qui suivent ont été exhumés de nos mémoires, soit parce qu'ils sont communs aux deux villages, soit parce que leur absence à Sivignon nous a permis de retrouver ceux qui s'y substituent, ou encore parce que la conversation les a fait réapparaître tout naturellement.

Questions restées sans réponse :

Il n'y a pas de mot patois, tel que "andli" à Trivy, désignant les chenets de cheminée, les participants ont affirmé que les chenets n'étaient utilisés que dans les maisons bourgeoises, une pierre ou un bûche convenant tout à fait dans les cheminées paysannes de Seuvgnon.

L'auge de pierre est essentiellement connue sous le terme de batsèche. L'audzîre, dont il reste une trace dans un lieu dit de Sivignon, n'est pas connue en tant qu'auge. Personne n'a pu apporter de précisions sur ce mot connu à Trivy et Montmelard.

L'origine du nom patois de Bergesserin : Bârsrin. Nous n'avons pas d'information sur cette origine.

Expressions :

Boffer : Boffer les gaudes. Ronfler. (Trivy, Montmelard).

Câssi : La vatse se câsse. La vache est prête à vêler. (Très employé).

Vocabulaire :

Bârsrin n.p. Bergesserin.

beurdèchi, beurnèchi, breussailli, breusseilli v. Pleuviner.

beurluquer v. Regarder, épier.

beurnèchi Voir beurdèchi.

beurtsie n.f. Cruche en terre cuite et dotée d'un couvercle de bois, pour porter à boire dans les champs.

bòyau d'neudze n.m. Giboulée de neige.

breûilli v. Braire.

breussailli Voir beurdèchi.

breusseilli Voir beurdèchi.

breuyi v. Broyer, écraser.

byé d'mâ n.m. Seigle de printemps donnant une paille bien fine.

canau n.m. Caneton.

cheuragni v. Fouiner, chercher, faire le curieux.

cheurant, -ante n. et adj. Curieux

coques n.f.pl. Pain perdu frit.

creuçhi v. Crisser.

creutson n.m. Cruche.

creûvé, creuva n.m. Crevasse.

cuèchi v. Recouvrir avec un couvercle.

déblâtrer, désablâtrer v. Deshabiller partiellement du haut, avec les vêtements en désordre. Quand il s'agit du bas, on emploie débòyaller.

débòyanci v. 1. Eviscérer. 2. Déshabiller partiellement.

dépigoter v. Enlever la queue d'un fruit.

dère (s') v. S'emboîter, correspondre, s'accorder. Is s'djant ! Ils correspondent ! Y s'dit pas ! Ça ne convient pas !

désablâtrer Voir déblâtrer.

destituer v. Mettre au rencart.

déteurmer v. Délayer la pâte.

dzailli v. Chatouiller. On dit aussi faire la dzaille ou faire le dzaillot.

éclaircie n.f. Clairière. Les sañyîs étint dans l'éclaircie.

ékié n.m. Eclat de bois. On parle surtout des tsapons d'bôs, le terme ékié est peu employé.

emborru n.m. Enveloppe de châtaigne. Le terme bolon est nettement plus courant.

engossou, -ouse n. Personne âpre au gain. A Buffières on dit engocheux, -euse.

enràyeûre n.f. Première raie tracée par la charrue.

ensaim n.m. Essaim.

entremé préposition Entre. I fallot tsoisi entremé lu a peu ma !

entsapyi v. 2. Emporter, brûler, en parlant d'un aliment liquide ou solide particulièrement âpre, fort, épicé. Ton vin d'plosses, Ugêne, ô m'entsapye la gueule, seurve-me don pyutôt d'la goutte.

équeûtsi v. Effiler.

étamper v. Etayer, soutenir. Quand l'gros Dzean des Brîres est soûl, y faut deux gârs p'l'étamper.

éteûpons n.m.pl. Ajoncs.

éteuyi, étuer v. Rendre étanche (un tonneau).

gueuriau n.m. (p.ê. de grume d'eau) Bulle. La pyou fayot des gros gueuriaus sur les dalles d'la galerie.

moûtse de beunne n.f. Abeille. On dit aussi moûtse à mî.

piounéchi v. Pleurer doucement.

quouet n.m. Petit bout de queue.

traintiau n.m. Deuxième raie tracée au retour par la charrue et produisant un billon, c'est-à-dire un bourrelet formé de la terre provenant des deux premières raies.

tsaplet n.m. Nom donné à une vieille variété de blé de pays ; c'était un blé d' hiver et son nom laisse supposer que ses grains avaient une disposition proche de celle de l'avoine.

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Eric Condette 27/07/2013 20:22

Excellente ton idée de comparer des parlers voisins géographiquement.
Même si Trivy et Sivignon sont limitrophes, il est évident que le patois de Trivy est beaucoup plus proche de celui de Dompierre-les-Ormes que de celui de Sivignon. Pourquoi? Mystère; mais c'est comme ça.
Je ne crois pas qu' "abeille" se dise "moutse de beunne"à Trivy (cette expression n' étant pas avérée dans cette commune à ma connaissance) mais plutôt "moutse à mi". Dans le doute, pose la question à Marie-Angèle; elle saura sûrement te dire ce qu'il en est.
Tu m'as aussi dit il y a quelques temps que ton père employait le mot "avette"; est-il encore connu aujourd'hui?
De plus, as-tu pensé à demander à tes patoisants s'ils avaient entendu parler de la forme locale du "sel pilé"? (question très intéressante concernant les traces éventuelles du francoprovençal dans la région.)

Olivier de Vaux 28/07/2013 08:08

L'avette et le sau pla seront à l'ordre du jour le jeudi 8 août. L'avette, je la tiens de mon grand père né en 1880 et dont j'ai toujours la beunne à moutses en paille tressée.