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Le pays du Tseu

Allons nous tçhoqter les linguistes ?

1 Octobre 2013 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #bourguignon, #Graphie

Allons nous tçhoqter les linguistes ?

Eune polaille qu'a pondu eun û caqueute, tot l'monde y sait, mas vos sez-ti cment qu'alle fait quand alle vout grouer ? Non, alle caqueute pyus...alle tçhoqueute ! Ah, çhtés polailles : p'leur ôter l'envie d'grouer faut les-y tremper l'cul dans y'iau feurde apeu les freumer tras dzos sos l'peurson ! Si is savint cment qu'y s'passe dans les élvâdzes industriels, les pourres chtites ! *

Bien, je ne veux pas traiter ici des moeurs des poules du Tseu mais seulement me pencher sur une graphie, celle du verbe tçhoqu'ter.

Choqu'ter (cho-qu'ter) ne convient pas, au Pàys du Tseu, tous les "CH" se prononcent "TS".

Tsoqu'ter (tso-qu'ter) ne fait pas apparaître le chuintement du "S"

Tchoqu'ter (tcho-qu'ter) exagère le chuintement du "S"

Les mêmes mots dans lesquels on remplacerait l'apostrophe par le "e", seraient immanquablement prononcés en trois syllabes (tçho-que-ter), il faut les bannir absolument si l'on veut transmettre une prononciation correcte. N'oublions jamais que nos lecteurs futurs n'entendront plus parler le patois.

L'emploi du "ÇH" offre la solution médiane, on comprend immédiatement qu'il ne s'agit pas d'un "CH" franc et qu'il faut chuinter cette consonne, à mi-chemin entre "CH" et "SE". Nous écrirons donc "TÇHOQU'TER".

Ça ne vous CHOQUE pas ce TÇHOQU'TER ? On lit quasiment TÇHOCUTER non ?

Faut-il alors faire subir à tous les QUE réduits à QU' du fait de l'amuïssement** du E, le même sort que celui du C suivi d'un E ou d'un EU, à savoir le remplacer par un K ? Nous aurions alors TÇHOKTER, à l'aspect très british. Si l'on prend en considération qu'un certain nombre de patoisants ont opté pour le K en remplacement du C pour distinguer le KE ou KEU du QUE, on comprend vite que ce choix brouillerait les cartes alors que l'on entend simplifier. Ils écrivent "le keuré" (le curé), la "keurde" (la courge), "kigni" (couiner) mais "quilli" (glisser).

Il reste une solution, pas très orthodoxe mais fort pratique, consistant à donner au Q la valeur de K sans qu'il soit nécessaire de lui adjoindre un U. Ainsi nous écririons TÇHOQTER et nous pourrions écrire aussi QRI (quérir) plutôt que QU'RI.

Qu'en pensez-vous ? Bondissez sur les commentaires mais ne répondez pas tous à la fois, vous pourriez faire sauter le terminal.

* Traduction : Une poule qui a pondu un oeuf caquette, tout le monde le sait, mais savez vous comment elle fait lorsqu'elle veut couver ? Elle ne caquette plus...elle "tçhoqueute" (intraduisible, elle émet des sons bien spécifiques, très différents de son caquetage habituel). Ah ces poules : pour leur ôter l'envie de couver il faut leur tremper le derrière dans l'eau froide et les enfermer pendant 3 jours dans une cage. Si elles savaient comment ça se passe dans les élevages industriels les pauvres petites !

** amuïssement : en phonétique, désigne le fait qu'une lettre n'est pas prononcée.

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Olivier 11/10/2013 17:05

Juliette, du Cardzot d'Seuvgnon, a retrouvé le mot qui était le plus souvent employé pour désigner les fameux "picots" et autres "tùyaux" : les "cornets". Quand on sait que l'on appelait "cornets" les tuyaux de poêle on comprend que l'on était bien dans la bonne direction pour les "tchaus" de Marie de Cabardouche.

Marie de Cabardouche 10/10/2013 17:55

Une poule qui chante en pondant "crételle".
Chez nous, lorsqu'elles font leurs oeufs, elles "ouvent".
Je sais, je suis un peu hors sujet par rapport à votre questionnement Olivier. Moi qui prends bien des libertés avec notre vieux parler, je salue vos recherches afin que la transmission se fasse dans les normes, quel bon boulot!
J'essaie de trouver une relation entre "tchoquer" (pour nous: "tchuisser") et les "tchaus": sortes de tout petits moignons de plumes que l'on doit enlever après avoir plumé une poule.
Comment arrivez-vous à placer une cédille sous un C?...j'vouais que j'ai bin encô gros à n'èpprendre...

Olivier 11/10/2013 21:33

Crételer est dans le Littré, en effet, mais il n'est plus dans le Robert, rejoignant quelques milliers d'autres mots obsolètes.
Les polailles d'audzord'heu ant pyus l'coeur à crételer, is sant bin trop okeupée à ponde eun û peur dzo en boffant pas fort, vu qu'l'air fait point d'abonde dans l'ujine à ûs.
Les creuches, vés nos y'est les crûjes, quasiment l'miñme mot.
Chouette, la tradition du lancer d'oeuf, chez nous on fait la même chose avec un boeuf ! Comment Marie, vous ne me croyez pas ? Nous avons un dicton qui dit, hips, "si t'poux faire voler eun û, hips, t'poux faire voler un bû !" hips. Je sous vouhaite le sonboir, Mère Charie ! Hips !

Marie de Cabardouche 11/10/2013 17:10

Ça fonctionne! :-) vive le 128, merci Olivier! :-)
An en èpprend tous lê je!
"Crételer" n'est pas patois. Je n'ai pas la traduction patoisée. On va dire "ill en fê du ramdam c'ta poulôtte, ill vint d'ouver"!
Oui, pour tuyaux, logique.
Puisqu'on est dans les poules, je viens de me souvenir que "coquille" ique i' ê "creuche", ape chu vôs?.
"La poule" était également le nom donné au bal des noces.
"Le poulot": jeune homme coureur de jupons!
En Franche-Comté, le jour du mariage, le jeune marié devait "jeter l'oeuf". Il le lançait très haut au-dessus de sa future maison, s'il tombait de l'autre côté du toit, c'était la maîtrise assurée pour le chef de famille. Si au contraire l'oeuf redscendait piteusement du côté du lanceur, c'était le signe qu'au foyer Madame porterait la culotte!

Olivier 10/10/2013 20:28

Je prends note de la variante locale "tchuisser" ainsi que de "crételler" et "ouver" pour les soumettre à mes patoisants. En ce qui concerne les "tchaus" il pourrait s'agir des "tùyaux" (tu-yaux), terme surtout employé pour les canards ici. Pour les poulets on parle de "picots". Le secret du Ç : appuyer sur Alt et taper 128. :-)

le m'tse 03/10/2013 10:48

Bin voilà la solution; non seulement la bio-diversité, mais aussi la graphie diversifiée. La langue française, elle, ne se gêne pas pour écrire femme, orchestre, ultimatum ...... et bien d'autres pour donner la préférence à l'étymologie plutôt qu'à la phonétique. Alors nous, on peut bien prendre un peu de liberté, peu importe les raisons!

Olivier 03/10/2013 19:01

Pour transmettre le patois aux non patoisants qui voudront faire l'effort de l'apprendre, je crois qu'il est nécessaire de définir des règles régissant la graphie, faute de quoi nous ne transmettrons rien du tout. Une fois que ces règles (avec leurs exceptions) auront été définies il sera toujours possible de ne pas les respecter toutes. Toutefois leur étude ne peut être qu'un facteur d'enrichissement de la connaissance des parlers du Tseu et de la langue française. Là encore il convient de distinguer, comme pour le français, plusieurs niveaux de connaissance allant du locuteur ne lisant que très peu au linguiste ou au grammairien toujours en quête de perfectionnements.

L'Eric 02/10/2013 22:50

Tout bien réfléchi; à quoi bon se prendre éternellement la tête avec des histoires (sans fin) de graphie?
"Qu'ri" peut tout à fait s'écrie "queri" dans un lexique et "qu'ri" dans un texte dialogué ou écrit dans un style de langue parlée.
Comme c'est déjà le cas pour les grandes langues du monde, dont le français, pourquoi ne pas adjoindre une transcription phonétique entre crochets ou barres obliques, lorsque la prononciation d'un mot sera difficile à déterminer?
Ainsi "queri" (langue écrite) pourrait s'écrire "qu'ri" dans un texte patois et /kri/ en transcription phonétique internationale.
Qu'en dites-vous?

Le dzveux 03/10/2013 19:06

Dz'me doutos bin qu'l'Eric allot m'apostropher, mon q tot nu lu pyait pas trop, ô m'paraissot peurtant au poil !
Cette simple phrase contient 5 apostrophes, 5 élisions : dze, que, le, me, me. Toutes sont des élisions de la voyelle finale et plus précisément du e, qui n'est pas muet.
Traduite en français la même phrase ne contient plus qu'une seule élision "l'Eric". Pourquoi ? Parce qu'il n'y a qu'un seul hiatus à éviter. En patois, comme dans le langage populaire les apostrophes fleurissent et je n'ai rien contre dès lors qu'elles sont placées en fin de mot. En mettre au milieu des mots n'éclaire pas vraiment leur lecture surtout quand il y en a déjà pléthore avant et après, voilà pourquoi je préfère, personnellement m'en dispenser, d'où, lorsque l'on pousse le bouchon trop loin des incongruités du genre "quri" qu'il faut résoudre par la suppression du "u", d'où "qri". Bien entendu, je n'ai aucune difficulté à admettre que cette graphie puisse en rebuter plus d'un, dans ce cas une petite apostrophe ne me paraît pas dramatique.

Eric 02/10/2013 13:09

Les différentes graphies que tu proposes pour tçhoqu'ter ne me tsoquant pas, car je ne connais pas l'étymologie de ce mot et je ne sais pas s'il est répandu partout. Pour ce qui est de QRI, par contre, c'est une autre affaire...

L'dzvou-point 02/10/2013 22:13

Y est peur çan qu'y faut l'apostrophe, bon Diou!

Le dzveux 02/10/2013 21:19

Je sens d'ici le quri ! Une épice qui convient fort bien à la poule au riz.

le m'tse 02/10/2013 09:19

I vau meû se fère dégroué dans la batsèsse, y é seûr, pi enco passé tras dzos so la pionire.
tchoqter ou tçhoqter, je ne sens pas la différence; Le tchoqter de la poule n'a pas besoin du "u" puisque le coq n'en a pas!

Le dzveux 02/10/2013 10:13

Dz'me dmande si la Rika Zaraï avot pas des envies d'grouer tote l'añnée, vu qu'alle se fayot tremper l'cul dans eune batsèche quasiment tos les dzos.