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Le pays du Tseu

LES TRAVAUX DES CHAMPS

20 Juin 2014 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Textes

LES TRAVAUX DES CHAMPS

Les foins:

Tout d'abord, il faut parler des foins ; c'est un événement important car, encore aujourd'hui, malgré la mécanisation, il n'est pas rare qu'il se présente comme un travail collectif, les parents, amis et voisins s'entraidant à tour de rôle. Il s'agit pour eux de « trédzi ensin » (de travailler en commun).

On commence par « fautsi » (faucher, à Matour on dirait « sàyi »). Le faucheur (le "fautsou" ou encore le « «fautsu ») dispose d'une sorte de petite enclume, « l'entsèpye », sur laquelle il peut redresser ou redonner forme à son "dâ" (sa faux) lorsque celle-ci heurte une pierre : il s'en sert pour "entsapyi"(battre la faux). Le faucheur porte également, attaché à la ceinture, un coffin de bois, le "gode", au fond duquel il y a toujours un peu d'eau et ou trempe en permanence la « piarre d'agùzoule » (la pierre à aiguiser) qu'il sort chaque fois qu'il est nécessaire "d'agùzi son dâ" (d'aiguiser sa faux) au fur et à mesure qu'il « mène sòn andâ » (qu'il progresse dans son travail) .

Après le fauchage, vient le moment des « f'nailles » (la fenaison) ; il faut « feun'yi » (faner) à la « fortse » (la fourche) ; puis à l'aide d'un grand râteau en bois (le "râtiau"), on fait des rangées de foin parallèles : les « andâs » (les andains) que l'on rassemble ensuite en tas de foin, les « miaus ».

Puis on charge le foin sur le « tsé » (le char), c'est le travail du « tendou ». Pour que le foin tienne le moins de place possible, il faut « tsautsi » (le tasser avec les pieds). On emporte ensuite le foin dans le « f'nau » (fenil) où on le laissera « seutsi » (sécher).

La moisson :

Les foins une fois terminés, vient le moment de « mois'ner » (moissonner), c'est la « m'chon » (la moisson) .

Les « dzvelles » (javelles) faites par les « andzalouzes » (javeleuses) sont assemblées en paquets de huit, les "commiaus" disposés de manière à les faire sécher. Ces « commiaus » peuvent ensuite être mis en tas plus gros : les "grous", dont on forme finalement la « dzèrbire »(le gerbier) dans un pré derrière la maison en attendant le moment du battage.

Le blé ou le seigle récolté était mis en gerbes attachées au moyen d'une verge souple appelée une « rote » ou encore un « lin d'bos », et que l'on faisait tenir à l'aide d'un nœud, le « mòyon », qu'il fallait "biller" (serrer) en s'aidant d'un bout de bois : le « beuil ».

La « dzèrbire » une fois achevée, était ornée d'un bouquet de fleurs. C'était le signal de la fin des moissons, donnant lieu à une fête : la « r'vole ».

Les battages :

Autrefois, lorsque les machines à battre n'étaient pas encore répandues, la récolte était transportée jusqu'à « l'éyoure », l'aire à battre, située en principe devant l'entrée de la grange. Le battage s'effectuait jadis à « l'écossou » (au fléau). Le fléau ancien consistait en un long manche en bois le « mangue » auquel était rattaché un battoir , le « battou », par une solide lanière : le « circu » . Les grains une fois séparés de leur enveloppe (le « ballou »),celle-ci était emportée dans une toile grossière réservée à cet usage : le « tsérri ».

Quant au grain, il était « ensatsi » (mis en sacs) dans des « bodzes » (sacs) dont le contenu s'exprimait naguère en nombre d' « emboutées », une « emboutée » correspondant au contenu des deux mains jointes. Les sacs étaient ensuite entreposés au "greni" (grenier).

Après le battage, il reste toujours un résidu de paille dont on fait un tas : le « pàilli ».

Enfin, les travaux des champs une fois terminés, on avait le loisir de prendre un repos bien mérité. Après que les machines à battre furent introduites, la fête du battage se tenait chez le dernier paysan chez qui le battage avait eu lieu.

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le m'tse 22/06/2014 10:26

Sur Matour et Trambly, le coffin est souvent appelé le "dzargot" et souvent aussi il est fait d'une corne de vache.
Les "grous"dans les champs, plutôt "dzarbires" comme la "dzarbire" desbattages.
La façon de lier les javelles avec un lien d'osier m'est inconnue, même les bottes de paille derrière la batteuse étaient liées avec un lien de paille, Mais les habitudes et les mots sont souvent différents d'une commune à l'autre.

l' Dzouzé d'la Brîre 23/06/2014 14:36

Et puis il faut tenir compte de l'aridité de certaines zones, notre seule chance c'est d'échapper à la grêle de commentaires et aux réflexions glaciales. Finalement nous ne sommes pas trop à plaindre ! Jamais la moindre tempête de protestations, jamais d'avalanche de compliments non plus, bref, notre culture ne soulève pas les passions, sans doute en raison de l'absence de fumiers, nos graines de tseu sont longues à germer, espérons qu'elles seront d'autant plus résistantes.

L'Eric 23/06/2014 12:20

Les travaux des champs sont durs, mais, comme tu le suggères par tes commentaires, les travaux des champs lexicaux sont souvent ardus :-)