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Le pays du Tseu

Quelques coutumes et traditions printanières

25 Avril 2014 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Cardzîre

Quelques coutumes et traditions printanières

Chaque période de l'année était particulièrement marquées par ses traditions:

Pour les Rameaux, les enfants piquaient l'habituelle branche de buis dans une pomme avant de se rendre à l'église en compagnie de leur parents. Au cours de la messe, lorsqu'il était procédé à la bénédiction rituelle des Rameaux, la pomme se trouvait bénie par la même occasion. Ensuite, les enfants avaient la satisfaction de pouvoir manger ces fruits. Faut-il voir dans la bénédiction de ces pommes un rite visant à laver les enfants du péché originel symbolisé par le "fruit défendu"? Mystère. Quant au buis bénit, on le conservait pieusement tout au long de l'année, en le laissant dans le « beun’ti », le bénitier qui se trouvait généralement au chevet du lit. On l'utilisait lorsqu'il fallait bénir un mort, ou, plus couramment, les jours d'orage pour asperger de l'eau bénite aux quatre coins de la maison dans le but de se prémunir contre le "fu du ciel"(ou plus anciennement le "fu du ceû") :c'est à dire la foudre. On avait alors recours à cette récitation:

" Sainte Barbe, Sainte Fleur,

Qui répèt'ra tra cops

C'te p'tiète oraison,

N'varra dzamais tsère

L' fu du ciel."

____________________

Sainte Barbe, Sainte Fleur,

Qui répétera trois fois

Cette petite prière,

Ne verra jamais tomber

La foudre.

Le Vendredi Saint était un jour où il fallait absolument éviter de faire couler le sang. Il n'était donc pas question de tuer un animal ce jour-là. De façon plus surprenante, il ne fallait pas non plus faire couver d’œufs.

Pendant la dernière semaine d'avril, c'était la coutume pour les jeunes gens de "courir le mai ". Cela consistait pour eux à se rendre de ferme en ferme, quelquefois une "beurnioule" (panier à œufs) en demandant qu'on leur donne quelques œufs. Lorsque les "corous d'mai" avaient terminé leur tournée, ils se réunissaient pour faire des omelettes qu'ils mangeaient ensemble.

Pour demander des œufs, il était d'usage de chanter ce petit couplet :

"A la maîtresse de la maison

Mettez la main au nillon (panier à œufs)

Quatre à six apportez donc

Pour moi et mes camarades

Pour moi et mes compagnons."

Lorsque les gens se montraient généreux, on leur entonnait un petit remerciement; mais en cas de refus, les « corous d'mai » chantaient:

"A la porte des gros cotsons (cochons)

Y a de gros marrons (excréments)."

Il est intéressant de noter que cette coutume qu'on aurait pu croire disparue, semble avoir encore assez récemment connu un certain regain de popularité.

Les Rogations, qui ont lieu au cours des trois jours qui précèdent la fête de l'Ascension, étaient l'occasion de bien observer le temps qu'il faisait. S'il faisait beau le premier jour des Rogations, cela laissait augurer une bonne récolte de foin. S'il faisait beau le deuxième jour, cela signifiait que les moissons seraient bonnes. Enfin, toujours selon la tradition, du beau temps le troisième jour était un bon présage pour les "ess'ments" (les semences) ou pour les vendanges.

Parmi les précautions qu'il convenait de prendre à cette époque de l'année, il est à noter, pour l'anecdote, qu'on ne devait jamais planter de pois, car on croyait que leurs têtes tomberaient. Tout aussi curieusement, il ne fallait pas non plus faire la lessive durant cette période.

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le m'tse 27/04/2014 10:24

Avant-hier : la poignée de sel du jeteur de sorts. Hier : le rameau de buis bénit de la tradition.Aujourd'hui : l'addiction de tous à tous les écrans. Tout change....mais rien ne change!!!

L'Eric 27/04/2014 17:59

Audzordeu les pis bonimentous sant su la "toile d'iragne du diâbe" (Internet) pr' y raconter tot pien d'beurdineries.

Olivier de Vaux 26/04/2014 08:43

La crédulité est une constante, seul son objet varie au fil des siècles : les bonimentoux ant encô des biaux dzos dvant jeux !