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Le pays du Tseu

Promenons-nous dans les bois

11 Avril 2014 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Cardzîre

Promenons-nous dans les bois

(En hommage à l’arboretum de Pézanin à Dompierre-les-Ormes)

Dans l’temps, quand nous veurdalins dans les tsarrires so les grandes brintses d’la futaie, quiqu'cops p'rmessi eune bressie d'bos , nous vàyins pyien d’biaux âbres c’ment des tsâgnes (que donnant des yands p’les sanyis), des fòyâs, des frâgnes, des agacias, des tsâtgnis (que donnant des tsateugnes) , des cheurbis o bin encô des tsapeurnes*.

(Autrefois, quand on se promenait sur les sentiers forestiers sous les grandes branches de la futaie, quelquefois pour ramasser une brassée de bois, on voyait beaucoup de beaux arbre, comme des chênes, qui donnent des glands pour les sangliers), des hêtres, des frênes, des acacias des châtaigniers, qui donnent des châtaignes, des sorbiers ou bien encore des charmes).

Quand nous vans vé un lu quoi qu’y a d’l’iau (o d’l’èye) nous vàyans sovent des veurnes (qu’ant donné so nom à l’étang d’la Veurnée à Treuvy) o bin ari des saudzes ou des peûplles (prononcez "peûp-ye").

(Quand nous nous rendons dans un endroit où il y a de l’eau, on voit souvent des aulnes, qui ont donné son nom à l’étang de la Vernée à Trivy, ou bien aussi des saules et des peupliers.)

Yé bié d’madze, mas dzordeu, les sapins ant sovent rempyiéci tos çtés biaux âbres.

(C’est bien dommage, mais aujourd’hui, les sapins ont souvent remplacé tous ces beaux arbres.)

Au bord des chemins :

Y a ari des âbres o des beûchons que sant pas teû dans les bos :

(Il y a aussi des arbres et des buissons qui ne se trouvent pas tous dans les bois)

U bord des tsmins apeu dans les éclaircies y a étô des agueurlas, du soyé (que seurvot à fare des sublles (prononcez "sub-ye") p’les ptiets enfants) des dzeun'vris o des àyincis. Apeu dans les boutseures nous pou r’messi des meûrons ; y a arimé des beûchons biancs, des beûchon nâs, quiqu’cops des sauvadzons, des pouèronis (qu’donnant des pouèrons), des mrizis, des griottis, des alognis. Quand y a pyien d’alognes, yé sovent pas eune bònne añnée p’les pàysans. Is diant alors : « añnée d’alognes, añnée d’tsarogne, et miñme, « añnée d’carogne » ». Y a ari des plocis (qu’donnant des ploces ; mas y faut attendre qu’y ave dzalé d’su d’vant qu’ nous pouye les mandzi, à cause don qu’çtés freûts sant dzafes et qu’is donnant l’dandze, et miñme la dreuille quand is sant pas meûs. Pe dère qu’nous ans pas voulu acouter quéquin qu’nous eñnuot, nous dians qu’nous l’ans nenvyi és ploces.)

Mais il y a aussi des arbres et des buissons qui ne se trouvent pas tous dans les bois :

Au bord des chemins et dans les clairières il y a aussi des pieds de houx, du sureau (qui servait à confectionner des sifflets pour les petits enfants) des genévriers ou des églantiers. Et puis dans les haies, on peut cueillir des mûres ; il y a également des aubépines, des « buissons noirs » (autre nom du prunellier), quelquefois des pommiers sauvages, des poiriers sauvages (qui donnent des poires sauvages), des merisiers, des cerisiers sauvages, des noisetiers). Quand il y a beaucoup de noisettes, ce n’est souvent pas une bonne année pour les paysans. Ils disent alors « année de noisettes, année de rien » (littéralement : de charogne). Il y a aussi des prunelliers (qui donnent des prunelles); mais il faut attendre qu’elles aient pris le gel avant qu’on puisse les manger parce que ces fruits sont aigres et agacent les dents, et donnent même la diarrhée quand ils ne sont pas mûrs. Pour dire qu’on n’a pas voulu écouter quelqu’un qui nous ennuyait, on dit qu’on l’a « envoyé aux prunelles » (c’est à dire : on l'a envoyé promener.)

* "Tsapeurne" est un nom féminin (héritier d'une forme primitive CARPINA). Il s'agit d'un mot qui n'existe (selon le linguiste Gérard Taverdet) que dans les zones francoprovençales (et anciennement francoprovençales) de la Saône-et-Loire. En dehors de ce département cette forme est omniprésente dans le Lyonnais, jusqu'à donner son nom à la station de métro "Charpennes" à Villeurbanne.

Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)
Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)
Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)
Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)
Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)
Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)

Pézanin en hiver (photos d'Olivier Chambosse)

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le m'tse 14/04/2014 09:48

Y a bin ranque les patoisants pe dère qu'à la pièce d'eune stachon de métro, y avo un bos de tsapeurnes ( tsapreune du coûté de Matô)

L'Eric 15/04/2014 09:01

Yé la meiñme tsouse dave Saint-Dzermain des Prés.

L'Eric 12/04/2014 09:31

Magique est bien le mot qui convient, quelle que soit la saison.

Olivier de Vaux 12/04/2014 14:48

Bondzo la Marie-Dzeânne
Vu qu'y'est eun endrot magique dz'avos pas vu la faute ! Amitiés.

Marie-Jeanne 12/04/2014 14:15

Bondzo l'Eric
dz'étot trop pressi de mettre un commentaire ,si bié qu'zé eubié un S à magnifique !! milles excuses

Marie-Jeanne 11/04/2014 23:41

Souvenirs d'enfance !! merci pour ce beau récit ainsi que les magnifique photos,il faut dire que c'est un endroit magique .