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Le pays du Tseu

Le ch'tit Dzan a tsé dans le ria

21 Mars 2014 , Rédigé par michel lapalus Publié dans #Textes

Le ch'tit Dzan a tsé dans le ria

Le ch’ti Dzean a tsé dans le ria

Le Yaude enveuille son chti Dzean cri les vatses dans l’ pré et li dit de s’dépetsi, mais quand l’Dzean arreuve dans l’pré o trove pas les vatses, ni les tseuvres ; y sont passa dans l’pré du Toine.

A vou passa l’bouesson p’lé trova mais au s’acretche dans les épeunes et dégueneuille sa cuelotte, o l’a même predu dou botons ; après o traveurse le ria et o tsé dans l’eille, o l’est to moilli.O rameune les vatses pi les tseuvres ; o pou pas martsi vite, sa cuellotte est trop lourde et li tsé su les peuilles.

Quand o l’arreuve vé zio, le Yaude vouai qui manque eune vatse et o l’engueule. La Fine l’engueule ari pasqu’o l’est moilli et to sale ; o l’é tellement gonche qu’o s’en va chougni dans l’coin d’la co so l’peurni.

Ma, v'là sa sue, la p'tiète Alice :

Alice : Dzean, qui qy’te fais don là, dans l’ coin d’la co, à tchougni so le peurni ?

Dzean :Si t’savo c’que m’est ar’vé !

Alice : Qui qu’t’est don ar’vé que t’sa si gonche ?

Dzean : Et ben v’la ! Mon père m’a envelli cri les vatses dans le pré et o m’a dé de m’dépétsi. Alors dz’i va en corant, mais quand dz’ar’ve dans le pré, dze trove pas les vatses, ni les tseuvres ; y sont passa dans le pré duToine.

Alice : Ah ! les bougresses !

Dzean : Dze vou passa le bouesson p’les treuvé mais dze m’acretche dans les épeunes et dze dég’neuille ma cuelotte ; dz’ai même predu 2 botons ! Après çan, dze traveurse le ria et v’la ti pas que dze tché dans l’eille ; quand dze me r’leuve, tchu to moilli, dze gredele de pr’to.

Alice : T’era ben de la chance si t’attrape pas la royasse !

Dzean : Dz’ai ramené les vatses et pi les tseuvres mai dze pouillo pas martsi vite predri, ma cuelotte éto tro lourde, al me tchaio su les peuilles.

Alice : Et quand t’es ar’vé à la moueson, c’ment qui s’est passé ?

Dzean : Oh ! i s’est mau passé ! Quand mon père a vu qu’y manqo eune vatse, o m’a engueulé, et pi après, la mère m’a ari engueulé à son tor pasque dz’éto to moilli et que dz’avo dég’neilli ma cuelotte. Yé t’a cause, que dze su là , so le peurni.

Origine du texte : St Point ….sans doute écrit, ily a 30 ou 40 ans....orthographe de l’auteur ( impossible de retrouver son nom ) A remarquer, l'influence du francoprovençal avec les verbes "passa" et "trova".

Le petit Jean est tombé dans le ruisseau

Claude envoie son fils Jean chercher les vaches dans le pré et lui dit de se dépêcher, mais quand Jean arrive au pré, il ne trouve ni vaches,ni chèvres. Elles sont passées dans le pré d'Antoine.

Il veut traverser la haie pour les trouver, mais il s'accroche dans les épines et déchire sa culotte. Il a même perdu deux boutons. Ensuite, il traverse le ruisseau et il tombe à l'eau. Il est mouillé jusqu'aux os. Il rentre les vaches et les chèvres. Il ne peut pas marcher vite, sa culotte est trop lourde et lui tombe sur les pieds.

Quand il arrive à la maison, son père s'aperçoit qu'il manque une vache et se fait engueuler. Fine, sa mére, en rajoute car il est mouillé et salede la tête aux pieds. Il est si secoué qu'il s'en va pleurer au coin de la cour sous le prunier.

Mais voilà sa sœur Alice :

Alice : Qu'est que tu fais là pour que tu sois en train de pleurer ?

Jean : Si tu savais ce qui m'est arrivé !

Alice : Tu as fait quoi pour que tu pleures tant ?

Jean : Voilà....Mon père m'a envoyé chercher les vaches et m'a dit de me dépêcher. Alors, j'y vais en courant ; mais quand j'arrive dans le pré, je ne trouve ni vaches, ni chèvres. Elles sont passées dans le pré d'Antoine.

Alice : Ah ! Les bougresses !!

Jean : Je veux traverser la haie pour les retrouver, mais je m'accroche dans les épines et je déchire ma culotte. J'ai même perdu deux boutons ! Après je traverse le ruisseau et voilà que je tombe à l'eau. Quand je me relève, je suis complétement mouillé et je frissonne sans arrêt.

Alice : Tu auras de la chance si tu n'attrapes pas un rhume !

Jean : J' ai ramené les vaches et les chèvres, mais je ne pouvais pas marcher très vite car ma culotte était trop lourde et elle me tombait sur les pieds.

Alice : Et quand tu es arrivé à la maison, comment çà s'est passé ?

Jean : Oh ! Çà s'est mal passé ! Quand mon père a vu qu'il manquait une vache, il m'a engueulé. Ma mére aussi, car j'étais mouillé et que j'avais déchiré ma culotte. C'est pourquoi je suis là, sous le prunier...

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Marie-Jeanne 24/03/2014 00:21

Moi qui hésitais à écrire des histoires en patois, du fait de la peur de ne pas respecter la grammaire, je me vois conforté en lisant la critique désobligente à l'égard de l'auteur de ce texte !!

L'Eric 24/03/2014 20:06

N'hésite pas, la Marie-Dzeanne. Le patois, par nature, n' a pas d'orthographe. Tu peux donc écrire comme ça te vient. Envoie-moi un texte de ton cru et je le publierai dans une version quelque peu "corrigée". Ça ne sera jamais une graphie "officielle" mais ça permettra, j'espère, de produire quelque chose que tout le monde pourra lire et comprendre en y trouvant un intérêt. C'est ce qui importe en fin de compte.

Olivier de Vaux 24/03/2014 13:11

Réponse à Marie-Jeanne : écrire ! bien sûr qu'il faut écrire, même avec beaucoup de fautes ! Publier, c'est autre chose, c'est vouloir transmettre et là, lorsque l'on a un doute, on peut chercher de l'aide, se renseigner, bref, faire ce que font tous les écrivains contemporains, faire appel aux correcteurs des éditeurs.

le m'tse 24/03/2014 09:52

Réponse à Marie-Jeanne : Il vaut mieux écrire des histoires en patois avec beaucoup de fautes que de ne rien écrire du tout. De plus, l'orthographe du patois n'est pas définie et ne le sera sans doute jamais complètement. Alors, il faut écrire sans complexe, même avec des fautes qui ne sont parfois qu'une façon d'écrire le patois.

le m'tse 22/03/2014 11:08

Lamentable !! On a vu mieux comme encouragement à écrire le patois. Je ne comprends pas bien cette attitude, un peu méprisante, au final, pour l'auteur de ce petit texte.

Olivier de Vaux 23/03/2014 08:43

Oui, je suis sans doute sévère, mais si nous avons la prétention de transmettre le patois aux jeunes génération il convient d'en tirer toutes les conséquences. Le texte incriminé n'a pas été écrit dans ce but et c'est à nous, si nous lui trouvons un quelconque intérêt (c'est le cas), de le réécrire dans le respect des règles grammaticales et orthographiques communément admises ou, à défaut, dans celui d'une graphie raisonnée et cohérente.
J'ai d'abord voulu corriger une phrase en expliquant chaque correction, mais trop c'est trop, j'ai baissé les bras !

Olivier de Vaux 22/03/2014 06:43

Voilà un bien bel exemple de la façon d'écrire à éviter absolument ; vocabulaire indigent, conjugaison inconsistante, grammaire inexistante, orthographe fantaisiste. Ajoutons à cela un contenu à la hauteur de la forme : il y a là de quoi désespérer ! Sans vouloir jouer les trouble fête, ce texte est lamentable !

L'Eric 22/03/2014 09:51

Je te trouve bien sévère. Même si la forme n'est pas très cohérente, cette petite histoire sans prétention donne une idée de l'état du patois de Saint Point il y a une quarantaine d'années, ce qui n'est pas sans intérêt. On remarque des prononciations inusitées plus à l'ouest, comme "peuilles" à la place de "pids" ainsi que des finales verbales en "a". Pour le vocabulaire, l'expression "être gonche" avec le sens "avoir le cœur gros","avoir du chagrin", appartient au patois autant qu'au langage populaire du Mâconnais (cf Lex et Jacquelot).
Je crois aussi que tout témoignage sur le patois, quelles que soient ses imperfections, a son utilité. Il ne faudrait pas que par excès de perfectionnisme nous nous interdisions de reproduire un texte dont la forme ne serait pas normalisée ou dont le fond ne nous paraîtrait pas suffisamment riche.

L'Eric 21/03/2014 20:13

Ce petit texte est très intéressant et contribue à enrichir le patrimoine du "tseu".
Le "a" final des formes du 1er groupe n'est probablement qu'une variante des diphtongues qu'on entend ailleurs (comme /aè/.)
Pour le vocabulaire, le français "sale" aurait pu avantageusement être remplacé par une forme plus locale comme "sòyi".