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Le pays du Tseu

Le ra des ûjeaux

18 Février 2014 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #Textes

Le ra des ûjeaux

Dz'vas vos raconter eune ptçhète histoîre que dz'avos improvijée à Mchy (Messey-sur-Grosne) en dzanvî ; dz'l'ai réécrite p'pouya en faire eune lecteure à la T.S.F. Faut que dz'vos dja : L'Pàys du Tseu vout pas tarder à causer su Radio-Cactus dans eune ptçhète émichon quotidienne, dès l'mois d'avrî.

La photo provient du forum d'image-nature, superbe.

Un dzo, entremi tos les dzos, les ûjeaux s'étint rassarés su l'cardze à cause qu'is volint tsoiji çhtu que s'rot le roi des ûjeaux. Y'étot dans un temps bié lointain quoi qu'au Pàys du Tseu les añnimaux causint cment vos apeu ma.

La bourre, le tsichlet, le crâ, la heuppe, l'aiglle, l'oyesse, l'dzaya, i'étint tôs là que prétendint awoî totes les qualités p'ééite le roi. Vu qu'i'arrivint pas à s'départadzi, eune vieile tsavotte qu'étot bié respeuctée a dit : "Vos ez qu'à vos envoûler apeu monter tanque à tanque, llamonnhaut, à la cheume du cié: çhtu qu'ira l'pllus haut, y'est lu que sra l'ra des ûjeaux".

D'achtôt, les ûjeaux s'envoûlèrent dans l'cié tot blleu quoî qu'nos wòyot point d'traiñnée d'avion cment achtheûre. Bié vite l'moniau est rdéchindu su l'cardze, ô boffot tant qu'ô pouyot ; apeu, l'un aprés l'aute, tos les ûjeaux s'sant pouji à coûté d'lu. Au bout d'eune cosse nos wòyot pllus qu'un point na dans l'cié, y'étot l'aiglle, p'seûr y'étot bin lu le roi des ûjeaux. Quand ô s'est pouji, tos les autes lu ant crii "vive l'aiglle, vive le ra des ûjeaux", mas tot pr'un cop, qui qu'i'ant vu, que sortot des plleumes d'la tééite de l'aiglle ? un tot ptiet/ûjeau, à poueine pus gros que l'dàyot d'eune coudrîre ; y'avot ngun qu' cognaissot çte chtite écrignôle qu'leur a dit davo sa tot ptiète voix : "Y'est ma que dz'ai été l'pus haut pramou que dz'étos sur la tééite de l'aiglle." Dvant eune pareille vanterie tos les ûjeaux s'sant écafalés, i'en plleurint tant is rigolint et pllus is rigolint pllus le ptiet/ûjeau devnot rodze tant ôl 'tot colère, y les fàyot enco maîs rigoler ! Pensiz-don, un chtit peuteriat cment çan, ra des ûjeaux ! Alô l'aiglle a lvé ses grandes/aules pe faire s'couji tot l'monde : "Acoutez-me", qu'ôl a dit : "ce ptiet/ûjeau a raijon, ôl a bin été pllus haut qu'ma, seulement ôl a freuilli p'y'arriver, faudrot l'fouailli p'çan, mas, vu qu'ô nos a bié amujis apeu vu qu'nos risque pas d'trouwer eùn ûjeau maîs peuteriaud qu'lu, nos vans lu doñner l'tite de ra des peuterias.

Les ûjeaux ant tos dit qu'l'aiglle avot bié causi ; y'est dépeu çte dzo là que le roitelet s'appeule, au Pàys du Tseu, le rapeutret, c'que nos pout traduire pe "roi des prétentieux".

Agadez bié à l'entôr, vos vez en woî des rapeutrets, dz'vos y dis, vos vez en woî !

 

 

 

Un jour parmi les autres les oiseaux s'étaient réunis sur la place du village parce qu'ils voulaient élire celui qui serait le roi des oiseaux. C'était à une époque lointaine où au Pays du Tseu les animaux parlaient comme vous et moi.

La buse, le tiercelet, le corbeau, la huppe, l'aigle, la pie, le geai, ils étaient tous là qui prétendaient avoir toutes les qualités pour être le roi. Etant donné qu'ils n'arrivaient pas à se départager, une vieille chouette qui était très respectée a dit : "Vous n'avez qu'à vous envoler et monter tant et plus, la haut, à la cime des cieux : celui qui montera le plus haut sera reconnu comme le roi des oiseaux".

Aussitôt, les oiseaux s'envolèrent dans le ciel uniformément bleu où l'on ne voyait pas de trainée d'avion comme aujourd'hui. Bien vite le moineau est redescendu sur la place, tout essoufflé, et puis, l'un après l'autre, tous les oiseaux se sont posés à côté de lui. Après un bon moment on ne voyait plus qu'un point noir dans le ciel, c'était l'aigle, à l'évidence il était bien le roi des oiseaux. Quand il s'est posé tous les autres ont crié "vive l'aigle, vive le roi des oiseaux", mais tout à coup, qu'est-ce qu'ils on vu, sortant des plumes de la tête de l'aigle ? un tout petit oiseau, à peine plus gros que le dé à coudre d'une couturière ; personne ne connaissait cette petite bestiole malingre qui leur a dit d'une toute petite voix "c'est moi qui suis allé le plus haut étant donné que j'étais sur la tête de l'aigle". Devant une pareille vantardise tous les oiseaux ont ri à gorge déployée, ils en pleuraient de rire et plus ils riaient plus le petit oiseau devenait rouge tellement il était furieux, ce qui les faisait rire davantage encore ! Pensez-donc, un petit prétentieux comme ça, roi des oiseaux ! Alors l'aigle a levé ses grandes ailes pour faire taire tout le monde : "Ecoutez-moi", a-t-il dit, "ce petit oiseau a raison, il a bien été plus haut que moi, seulement, il a triché pour y parvenir, il faudrait le fouetter pour ça, mais étant donné qu'il nous a bien amusés et compte tenu de ce que l'on ne risque pas de trouver un oiseau plus prétentieux que lui, nous allons lui donner le titre de roi des prétentieux.

Les oiseaux ont tous dit que l'aigle avait bien parlé ; c'est depuis ce jour là que le roitelet s'appelle, au Pays du Tseu, le rapeutret, ce que l'on peut traduire par "roi des prétentieux".

Regardez bien au tour de vous, vous allez en voir des "rapeutrets", je vous le dis, vous allez en voir !

 

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l'Eric 20/02/2014 13:52

Y avot arri eune histouère que causot d'eune gueurnaude que voulot rchimbyi un bu, apeu qu'avot tant ençhi qu'alle a fini p'en crever.

le m'tse 19/02/2014 10:51

Le rapeutret s'est beaucoup fait remarquer. En deux mots, une très vieille histoire :
Un attelage de douze paires de boeufs traîne dans les rues de la ville un énorme char. Tout en haut du char, une cage. Et dans la cage, le rapeutret minuscule. Tout le long du parcours, la foule crie "son admiration" .... Vive notre grand roi....Gloire à notre grandissisme majesté....Que ses ailes nous protègent...etc....Autrement dit, une belle façon de se moquer du pouvoir et de tous les pouvoirs!!