Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le pays du Tseu

Cardzot n°59

25 Février 2014 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #Ateliers

Cardzot n°59

Le cardzot n° 59 du 13 février 2014 nous a donné l'occasion de nous pencher sur des sujets aussi divers que variés, avec toujours le même plaisir de découvrir ou de redécouvrir les trésors de notre Tseu.

Phytothérapie du Tseu

 

Si vos ramassez des gratte-cul aprés les peurmîres dzalées vos pouyez vos pyanter eune épeune bié profond. Cment don fare sorti tot seu çhte foutue épeune ? Dz'vas vos y dère : y faut fare eune compresse dave eune fleur de lys qu'arot trempé dans la goutte ; t'vas t'coutsi davo çan !... l'matin quand te t'leuves l'épeune a sorti tot seu.

 

 

Dictons de février (les deux font référence à sa durée de 28 ou 29 jours) :

 

Feuvri est mois béni vu qu'les feunes djant moins d'mentries!

 

Le seul bon dzo pe t'maryi, y'est bin le 30 du mois d'feuvri !

 

 

Mots du Tseu

 

 

chelle n.f. Tabouret à 3 pieds utilisé pour la traite.

 

chèlon n.m. Petit banc sur lequel on pose ses pieds pour les isoler du sol.

 

chitelle n.f. Tabouret. On dit aussi sitelle et même sitralle à Saint Quentin.

 

ébizàyi v. Cingler jusqu'à provoquer des gerçures en parlant de la bise. Tirée d'un conte qui reste à écrire, cette phrase : La pourre orpheline, akeurkeuillie, ses ptçhets pîds nus dans la neudze, dave renque eune ptiète biaude de laiñne su la piau, gueurdalot à l'hiveurnodze, ébizayie, niaquée p'le vent qu'boffot en heurlant dans les grandes brintses des fòyârds quoî qu'le loup la pidrot en se rlatsant les babines.

 

embizàye n.f. Irritation due au frottement des vêtements sur la peau.

 

encrâre (faire) ou encrère v. (de accroire) Mentir, tromper, faire croire, abuser de la crédulité de quelqu'un. Ce verbe est déjà dans le lexique. Quelques expressions relatives à la personne qui fait encrâre : Ôl a vu l'loup pter su la piârre de bôs. Ô farot tter un viau d'sept ans ! Ô t'farot emprende eune allmette dans ll'iau !

 

freuilli, freuillon n.m. Irritation due au frottement de la peau, notamment aux jointures et articulations.

 

moûle (de bôs) n.m. Unité de mesure correspondant à 2 stères 1/3 soit 1,33m x 1,33m x 1,33m.

 

pautrée n.f. Rossée.

 

pautrer v. Tasser, piétiner, fouler.

 

pçhat n.m. 1. Urines. Allons, articulez bien : Le ptçhet tsat du tsècheu avot tseu dans l'pot d'pçhat. Le pot de pissat, ou vase de nuit, ou encore pot de chambre lorsqu'il ne s'appelle pas un jules, un gogueneau, un bourdalou, est inconnu sous ce vocable de pot d'pçhat, on parle du pot d'peuçhe. 2. Trombe d'eau, subite et de courte durée.

 

pitre n.f. Trace. Alle suivot dans la neudze, cment dans son llive de messe, les pitres au corrateux.

 

répier , répî n.m. (du germanique hrispa, broussaille). Roncier. On retrouve ce mot en Bourgogne, sous la forme "reppe". Une "reppe" dans le sud chalonnais c'est une forêt inondable généralement envahie par les ronces. On rapprochera ce mot du répi, qui désigne dans le Brionnais un talus longeant une route (forcément envahi par les ronces en raison de la difficulté de son entretien) ; à Suin le répier désigne une garenne, c'est-à-dire un terrain dans lequel les broussailles constituent d'excellents refuges pour le gibier.

 

tartrie n.f. Rhinante tête de coq ; c'est une plante qui pousse dans les parties les plus sèches des prés (les tétes de pré) de fauche ; elle a disparu depuis que tous les prés sont utilisés en pâturage.

 

teûrrot n.m. Tertre, haut de côte . D'après Mario Rossi ce mot aurait une racine préceltique :Taur, turr(a).

 

trédzi v. (du latin trebiare, fréquenter) 1. Ce verbe a conservé le sens de fréquenter à Saint-Quentin où l'on dit en parlant de deux amoureux : is s'tréjant : ils se fréquentent. 2. Devenir familier de quelqu'un, s'accoutumer, se familiariser.

 

tsîre n.f. (du latin càthedram, le siège à dossier) La chaise. La chaire d'église s'appelle un beuillou (en raison de sa forme généralement arrondie), ou plus irrévérencieusement un caquetoire.

 

Expressions du Tseu

 

attende après quèqu'un (tournure de phrase signifiant : compter sur, avoir besoin de) De plus en plus rare en français cette tournure de phrase perdure au Pàys du Tseu. Si t'crâs qu'alle attend après ta !

 

belle (de) loc. signifiant rien, à rien, de rien. T'y sais d'belle : tu n'en sais rien. Y m'avance de belle : ça ne m'avance à rien.

 

coper des traces (nord du Charolais) Elaguer les buissons.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

le m'tse 26/02/2014 17:44

On a bien deux ou trois sens pour après
al éto toudze aprés lu elle ne lui fichait jamais la paix
ôl éto aprés piotsi sa veugne
et puis attendre aprés quelqu'un
Il me semble qu'on entend aprés plutôt qu'après

Olivier de Vaux 26/02/2014 19:57

J'ai les mêmes à Seuvgnon où l'on dit bien aprés avec un accent aigu : é long.

L'Eric 26/02/2014 11:59

"Attendre après quelqu'un":
Je lis toujours avec intérêt ces mélanges de mots et expressions que tu recueilles dans les cardzots. Avant d'avoir lu cet article, j'étais persuadé que ce n'était rien de plus qu'une expression française un peu familière, car j'ai l'impression de l'avoir toujours entendue (et utilisée).
Il me semble que cette tournure s'emploie généralement dans des phrases négatives ou interrogatives.

Olivier de Vaux 26/02/2014 15:10

Si t'attends aprés ma pe t'en dère mais, t'vas éte déçu mo gârs ! Dz'en sais ren du tot !

Andiamo 25/02/2014 11:39

Souvent il s'appelle "Thomas" le pot de chambre ! Pourquoi ? Quand j'étais minot à Drancy, les chambres étaient à l'étage, et les gogues au rez- de chaussée, aussi "Thomas" passait-il la nuit sur le palier desservant les chambres.
Voilà qui a bien fait avancer le schmilblik !

Andiamo 02/03/2014 09:15

Quelle recherche ! Merci Olivier .

Olivier de Vaux 26/02/2014 15:08

Voilà ce que dit mon pote, le T.L.F. :
Prononc.: [tɔma]. Étymol. et Hist. 1. 1830 passer la jambe à Thomas « vider le pot de chambre » (d'apr. Esn.); 2. 1836 « pot de chambre » (Vidocq, Voleurs, t. 2, p. 167); 3. 1859 « baquet de salubrité des locaux militaires » (Larch.). Peut-être empl. du prénom Thomas en raison de sa banalité. L'hyp. selon laquelle il s'agirait d'un jeu de mots sur les paroles de l'hymne pascal O filii et filiae (Vide Thoma, vide latus « regarde Thomas, regarde mon côté » aurait été lu videz Thomas, vidé l'as-tu) déjà mentionnée − et rejetée − par Michel 1856 (en 1850 d'apr. Esn.) reste fragile. Il est possible que la chanson que les collégiens chantaient encore vers 1950, évoquée par R. Arveiller ds Fr. mod. t. 18, 1950, p. 238, ait été créée après coup. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 363. − Sain. Sources t. 3 1972 [1930] p. 414.