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Le pays du Tseu

Le Pàys du Tseu fait la une du quotidien régional

6 Janvier 2014 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #Réseau

Le Pàys du Tseu fait la une du quotidien régional

Tiré par les belles locomotives que sont Félicie et Yéyette, le Pàys du Tseu a fait la Une du Journal de Saône et Loire dans son édition régionale du Charolais-Brionnais.

Tout le problème est de savoir quel sera l'impact de cet article sur les personnes susceptibles de faire oeuvre utile pour la sauvegarde des parlers du Tseu.

Nous lançons aujourd'hui une campagne auprès des municipalités où le Tseu n'a pas encore tout à fait disparu, c'est-à-dire, bien au-delà de la simple zone du Charolais-Brionnais, auprès des communes de tout le Sud de la Saône-et-Loire.

Vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre adressée aujourd'hui aux maires de ces communes ainsi que l'appel aux patoisants qui est joint à cette lettre.

Lettre aux maires

Madame, Monsieur,

Le Pàys du Tseu est une association en cours de constitution qui a pour but de préserver les patois du Sud de la Saône-et-Loire. Pour qu'elle puisse oeuvrer efficacement à cette mission nous avons besoin de joindre au moins une personne dans chaque commune de la zone linguistique concernée par le "Tseu" afin d'assurer une couverture complète du territoire où le patois s'apparente à ce parler "Tseu".

Votre commune fait partie de celles qui sont concernées par notre action, c'est pourquoi nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous mettre en contact avec ceux de vos administrés qui seraient susceptibles d'agir avec nous pour faire revivre nos vieux parlers. A cette fin nous joignons au présent courriel le texte de notre "appel aux patoisants". Si vous pouviez le transmettre aux "anciens de votre commune" ainsi qu'aux personnes plus jeunes dont vous connaîtriez l'intérêt pour le patois, ce serait pour nous une aide précieuse.

Avec nos remerciements, veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées et les meilleures.

Pour le Pàys du Tseu

Vaux 71220 Sivignon

Olivier Chambosse

membre fondateur

tel : 03 85 59 69 90

Pour plus d'informations sur Le Pàys du Tseu : www.patois-charolais-brionnais.org

Appel aux patoisants

L'PATOÎS VA MEURI SI NOS FAYANS REN

Jusqu'au début des années soixante, les enfants de nos villages entendaient parler patois autour d'eux, c'était quasiment leur langue maternelle.

Et puis tout est allé très vite : la modernité, le progrès matériel et la désertification des campagnes se sont accélérés. Le patois n'était bientôt plus pratiqué que par "les vieux", ceux qui n'étaient plus "dans le coup". A l'école l'instituteur n'avait plus besoin de sanctionner les enfants qui employaient un mot de patois, croyant que c'était du français. Terminé le patois, éradiqué le patois.

Les années ont passé...l'exode rural s'est amplifié, les nouveaux médias ont achevé de standardiser la langue parlée par les jeunes générations. Mais depuis quelques années on assiste à un phénomène nouveau : la nostalgie a fini par étreindre le coeur des citadins de fraîche date. Ils avaient dans leur mémoire, au plus profond d'eux, un manque, un vide. Comme c'était bon, revenant au pays, de retrouver quelques anciens qui avaient conservé, intact, le langage dans lequel avait baigné leur enfance. Quel bonheur tous ces mots, ces expressions si vives, si éloignées du franglais quotidien. Or, à part quelques vieux, plus personne ne parlait patois ! Alors, avec leur disparition, le patois disparaîtrait ? Vite, on a tenté, un peu partout, de noter les mots qui s'effaçaient ; des lexiques, des glossaires et autres dictionnaires de patois ont vu le jour. Ce travail avait déjà été commencé par des précurseurs, les rares personnes qui avaient pris conscience de la disparition inéluctable des patois avec l'instauration de l'école de Jules Ferry ; les spécialistes du langage, les chercheurs, les universitaires qui ont travaillé sur le sujet doivent beaucoup à ces curés, ces instituteurs, ces simples particuliers qui ont patiemment recueilli les mots en voie de disparition.

On peut dire que ce travail est quasiment achevé ; on trouvera encore, dans les 20 ans à venir, par-ci, par-là quelques mots, quelques expressions, quelques racines enfouies, mais trouvera-t-on encore des locuteurs ?

La réponse logique est non. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore et quelques doux rêveurs se sont lancés dans une tentative folle : redonner vie au patois. Les obstacles sont aussi nombreux qu'inattendus, en voici quatre, parmi d'autres :

- il y a autant de patois que de communes

- le patois ne permet pas de s'exprimer au quotidien faute de mots contemporains

- le patois ne s'écrit pas et ne peut donc pas se transmettre correctement

- personne n'osera parler encore patois après la disparition des anciens

Ce sont de faux obstacles :

- du nord au sud et d'est en ouest, le Pays du Tseu a en commun, avec quelques variantes de prononciation, certes, l'immense majorité de son lexique et les mots qui ne sont pas communs d'emploi sont compris malgré tout.

- Une langue vivante crée des mots au fur et à mesure des besoins de ceux qui la pratiquent. En France tous les mots nouveaux nous viennent d'outre-atlantique pour l'instant mais rien ne nous empêche de les remplacer par des mots bien de chez nous, comme le font les Québécois.

- Le patois s'écrit avec des graphies fort différentes ; il suffirait d'harmoniser les graphies existantes et la transmission deviendrait parfaitement possible.

- parler le patois en tant que langue principale, certes, personne ne le fera, mais en faire une "langue de connivence" pour partager l'amour de notre pays, c'est le pari que nous tentons.

Si chacun n'y met pas du sien le patois mourra.

Le Pàys du Tseu tente de résoudre ces problèmes. Le terme de Tseu a été retenu pour éviter deux écueils :

- ne pas limiter au Charolais-Brionnais la zone linguistique de transition entre langue d'oïl et franco-provençal dans laquelle on emploie le TS et le DZ en lieu et place du CH et du J, ce particularisme étant partagé par d'autres patois.

- oublier une bonne fois le terme péjoratif de patois et passer directement à un substantif nouveau permettant de désigner le pays, ses habitants et sa langue, en l'occurence, le "tseu".

Nous lançons un appel à toutes celles et à tous ceux qui peuvent contribuer à travers le "Tseu" à préserver le patrimoine immatériel, aussi riche qu'il est fragile, que constituent nos parlers. L'identité, la personnalité d'une région ne se résume pas au folklore local ou à sa gastronomie, sa langue en est un ingrédient sans lequel elle ne peut que s'affadir. Nos parlers méritent d'être préservés et remis en valeur, ne serait-ce que pour cette raison.

Il n'est pas encore trop tard pour agir ; si vous pratiquez un de nos patois, si vous l'écrivez, si vous entreprenez des actions, si vous détenez des documents susceptibles de faire avancer notre cause, vous pouvez nous contacter sur le site internet du Pays du Tseu : www.patois-charolais-brionnais.org ou par courrier : Le Pàys du Tseu. Vaux. 71220 Sivignon. 03 85 59 69 90.

Olivier Chambosse

Le Pàys du Tseu fait la une du quotidien régional

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Marite 09/01/2014 18:54

Juste un mot: bravo !!!
Gros becs

Andiamo 07/01/2014 11:27

Tu vas soulever des montagnes cher Olivier ! Dans ton pays ces montagnes sont peut-être collines, mais beaucoup de collines finissent par former des Everests !

Andiamo 08/01/2014 18:08

Ayant été président d'un club de modélisme (avions) je suis bien placé pour corroborer tes dires .. Hélas !

Le dzveux 08/01/2014 18:04

J'en doute fort, je crois plutôt que la montagne va accoucher d'une souris pour rester dans ta ligne. En effet, autant il est aisé de trouver des spectateurs autant il est difficile de trouver des acteurs prêts à s'impliquer dans une association.

L'Eric 06/01/2014 19:49

Un bien bel article en vérité! A-t-il été publié dans tout le département ou seulement dans l'édition de Charolles?

Le dzveux 06/01/2014 20:31

D'après mes infos, seulement dans l'édition Charolais-Brionnais.