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Le pays du Tseu

VEAUX, VACHES, COCHONS, COUVÉES

15 Novembre 2013 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Textes

VEAUX, VACHES, COCHONS, COUVÉES

En dehors des animaux familiers, ayant accès à la maison, comme le « tsin » et le « tsat » (le chien et le chat), la ferme contient toutes sortes d'animaux que nous regrouperons selon leur espèce et leur place dans 1'exploitation.

Les volailles :

Commençons ce tour d'horizon par le « polailli » : On y trouve les « polailles » (les poules), bien sûr, parmi lesquelles on distingue les « pillottes » ou les « pitses » (les jeunes poules qui n'ont pas encore pondu).

C'est là que règne le "pol" (le coq), perché sur son « dzeûtsi » (perchoir).

Les « pions » (les poussins) sont en parfois rassemblés dans une sorte de cage qui leur est réservée : la « pionire ».

Quand une poule avait une « gnée » (une nichée) trop abondante, on en faisait « grouer » (couver) une partie par une autre, une poule « grouesse » (couveuse) en mettant un œuf artificiel, généralement en plâtre, dans le nid de celle-ci : le « gnô » (encore appelé le « gnon »). La poule « grouesse » couvait par la même occasion les poussins en surnombre.

Pour protéger les volailles de la menace de la « boure » (la buse), ou des « cornilles » (des corbeaux) dans le cas des poussins, un de ces oiseaux, mort, était attaché au bout d'une ficelle fixée à une longue perche. Il s'agissait là d'un genre de « tarteûvelle », d'épouvantail, destiné à effrayer les autres oiseaux de la même espèce. On plantait cette perche dans le sol au milieu de la cour de la ferme ou quelquefois on la piquait dans le « pailli » (tas de paille) au milieu du pré situé à côté de la maison, où les poules ont accès. Dans certains cas, l'oiseau mort était aussi accroché sous l'entrée de la grange.

Cette description ne serait pas complète si nous omettions de mentionner le « codinde » (le dindon), le « ptiet caneau » (le caneton) le « godat »(le jars),les « òyes » (les oies) et les « òyons » (les oisons). Lorsqu'une « gnée d' « òyons » était trop nombreuse, l'usage consistait à les mettre sous une "coutre" (un édredon) au fur et à mesure qu'ils étaient « épeûyis » (éclos).

Le bétail :

Citons d'abord le « teûriau » (le taureau), les « bus » (les bœufs), et les « vatses » (les vaches). Plusieurs mots servent à désigner différentes sortes de vaches : une vieille vache sera une « carcelle », une vache stérile une "ribaude" et enfin une génisse sera une « tourie ». Une vache dont les cornes sont tournées vers le bas s’appelle une « cabette ».

Lorsqu'un "viau" (un veau) vient de naître, on dit que c'est un « bòyon ». Il faut parfois le faire téter au moyen d'une « teût'relle » (une sorte de récipient muni d'une tétine pour faire téter les veaux.)

Mais quand un veau devait être « détreûyi » (sevré), il était parfois nécessaire de lui faire porter un "pani" ("panier : sorte de muselière) pour l'empêcher de téter.

D'une manière générale, « l'équeûrie » ou « l’étraubye » (l'étable) demande beaucoup de soin et de travail :

II faut « frémodzi » (curer l'étable), « étèrni » (faire la litière des bêtes), « étraubyi » les vaches (les rentrer à l'étable). Le soir venu il faut les « tiri »(les traire), et bien sûr il ne faut pas oublier de les « pansi » (de leur donner à manger).

La soue :

Comme son nom l'indique clairement « l'équeûrie d'cotsons » sera la soue à porcs (les « cotsons »). On distingue le « v'rat » (le verrat), la « treûe » (la truie) qu'on appelle encore la « càye » ou, s'il s'agit d'une vieille truie, la « garille », et enfin les « càyons » (les porcelets). Le « nourrin » sera quant à lui un jeune porc d'une quarantaine de kilos.

Pour empêcher les porcs de « r'veûyi » (retourner) la terre avec leur groin, il était fréquent autrefois de « boçhyi » ("boucler") ces animaux . On leur fixait une sorte de boucle ou d'anneau dans le groin : la « boçhye » (encore appelée le « mousqueton »).

Les ovins :

Les « motons » (les moutons) ne sont pas très nombreux dans la région de Matour. Notons tout de même quelques mots se rapportant aux ovins : le « còyâ » sera le bélier, comme son nom (le « couillard ») le suggère sans la moindre équivoque ; « l'ouille », la brebis, et les « p ' tiets belins » , les agneaux.

Les chèvres :

Très importantes en raison du fromage réputé qu'on fait avec leur lait, les « tseuvres » (les chèvres) constituent, avec le « boquin », encore appelé le « botse » (le bouc), et les "cabris" tout à la fois un trait typique du paysage local et une mine d'anecdotes du fait de leur caractère fantasque. Les chèvres (qu'on appelle encore des « bilaudes » ou des « b'lines ») ont en effet une fâcheuse tendance à rechercher la variété en changeant de pré, ce qui explique pourquoi on leur fixe habituellement un « palgau » (un triangle de bois) autour du cou afin de les empêcher de traverser les « boutseûres » (les haies) et s'échapper Dieu sait où.

Ajoutons encore un terme spécial qui désigne le chevreau hermaphrodite : le « mitou ».

Les équidés :

Avant de clore ce bestiaire, mentionnons au passage le « ts'vau » (le cheval), le «baude» (l'âne) et la « borrique » (l'ânesse), ces deux derniers ayant tous deux la réputation de se plaire à rivaliser d'entêtement avec leur propriétaire.

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Olivier de Vaux 17/11/2013 11:09

Vous avez remarqué sur le dessin, le coussin de portage, en forme de couronne, et, ô, comble de l'élégance, assorti à la robe de la porteuse de lait ? Savez-vous comment il pouvait bien s'appeler ce coussinet ? En langue d'oc c'était "lo chapçau" mais en langue d'oïl et en franco-provençal je l'ignore.

le m'tse 17/11/2013 10:46

Dze crâ qu't'a quasiman ran eubyi. Y s'ro bié qu'te nos fàye totes les autes bêtes : le r'na, le sanyi, ....etc..;

L'Eric 18/11/2013 21:13

Y s'rot bié, mas y 'm fait faute d'ava meû de temps p'fare eune enquête à ch'teure. Apeu y faut arri encô trover dou-quat' pàysans que cognaissant tos les noms d'ç'tés bêtes sauvadzes.

Andiamo 17/11/2013 10:10

Toujours aussi riche en expressions , tu connais très bien ton sujet, je me souviens des dessins de Benjamin Rabier, ce billet en a la saveur.

Eric 18/11/2013 11:20

Merci pour tes encouragements. Toutefois, le dessin qui accompagne l'article n'est pas de Benjamin Rabier mais de Pierre Calvet-Rogniat; un illustrateur de fables et de livres pour enfants qui, dans les années 50, dessinait aussi les belles images que les instituteurs donnaient (parcimonieusement) aux bons élèves dès lors qu'ils avaient obtenu dix bons points (tarif officiel).

Olivier de Vaux 17/11/2013 09:08

Dz'ai défigueurée eune cosse apeu dz'l'ai rcognue, la feuille! Y'étot Margoton la dzeûne berdzîre, vos sez bin, çhti qu'tos les gârs du vlâdze allint woî dvant qu'les autes feunnes ayint tué so ptiet tsat! ... Quand Margot dégrafot so corsâdze, peu doñner la gogotte à so tsat ... Bon, y'est pas tot çan, i faut que dz'sarre mes bétes dvant qu'i pyeuve. A d'achtôt!