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Le pays du Tseu

Les labours

22 Novembre 2013 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Textes

Les labours

Il était habituel, jadis, de labourer en attelant des vaches ou des bœufs, plus rarement des chevaux (dans le cas de paysans riches).

La "tsérrue" la charrue en usage au début du siècle (voir document joint) était déjà relativement perfectionnée en comparaison de l'ancienne araire des siècles précédents. Il s'agissait le plus souvent d'une Dombasle (du nom de son inventeur) ou d'un brabant muni d'un double jeu de socs.

Pourtant le travail du « laborou » (ou « labori ») n'avait guère changé depuis un passé lointain. Il lui fallait d'abord « enràyer » (commencer une raie de labour) en faisant « l'entôme » (la première entaille de la charrue). Il lui fallait ensuite toujours veiller à ce que ses sillons soient bien parallèles.

Il devait prendre garde à ne pas faire de « r’nâ" »(renards) , c'est à dire de sillons qui n’étaient pas droits.

La manœuvre la plus délicate consistait sans nul doute à « brater la tsérrue » (à tourner la charrue) au bout du champ en perdant le moins d'espace possible et sans se laisser prendre de vitesse par son attelage. Très souvent, lorsqu'il avait terminé, le laboureur repassait avec sa charrue sur la transversale des « tsaintres » (des contours) afin de rectifier les écarts. Il importait qu'on ne puisse lui reprocher d'avoir fait de son champ un « r'veûyâ » (c'est ainsi qu'on appelle encore aujourd'hui une terre mal labourée, par comparaison avec la façon dont un cochon a "r'veuyi la tarre", retourné la terre, avec son groin).

Les noms donnés aux vaches, ainsi que les interjections (souvent entremêlées de jurons) qu’on leur adressait pour les guider, ne manquent ni d’intérêt ni de pittoresque :

« Are ! » (en arrière, reviens !) « Are près à l’arrêt ! »

« Tié ! » (ici !)

« Ora !» « (arrête-toi !)

« Tié, la Cabette (la « cabette » était un nom fréquemment donné aux vaches dont les cornes étaient orientées vers le bas.)

ou encore : « Tié, la Byintse ! (la Blanche) ; Tié, Mignonne ! Tié, Frisée ! »

vocabulaire de la charrue (croquis)

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Andiamo 24/11/2013 10:02

La Dombasle ? Y'a plus qu'à la bourrer ! Ecoute tu m'as tendu la perche (si j'ose dire)
Bonne journée et merci du mot nouveau, la Dombasle...

Mathieu de Dombasle 24/11/2013 18:12

Pas le temps de répondre à tous ces commentaires; je suis à la bourre...

Olivier de Vaux 24/11/2013 14:30

Eric a parlé de double jeu pour la Dombasle, c'est on ne peut plus exact, elle est réversible !

Olivier de Vaux 22/11/2013 18:32

Et tu y as pensé au pauvre paysan qui n'avait plus qu'une vache ? Voici, en avant-première, une réplique extraite de la comédie musicale Yéyette :
Fils Michel : Ha, ha, ha, sâpré Beurot, te lu en fais endosser des histoîres, Mile, ô s'en doute pas l'pourre gârs ! Y m'rappeule le temps quoî qu'ôl avot renque eune vatse, alô p'laborî, ô s'appyeillot dave li à la tsèrrue. Y'étot sa feunne que tnot les quoues. La vatse , alle tirot pyus fort que lu, y fayot dévier la tsèrrue ; ôl a gueulé à sa feunne : "Marcelle, pique me don l'cul, t'wois bin qu'la Noiraude me gâgne !"

Olivier de Vaux 23/11/2013 08:00

Excellent ce lien. Heureusement qu'il y a quelques fondus, quelques poètes, pour nous faire rêver et, qui sait, montrer qu'une autre voie est possible.

L'Eric 22/11/2013 19:39

Bien sûr que j'y ai pensé. Voici même la solution quand y fa faute d'ava eune vatse:
http://hippotese.free.fr/blog/index.php/post/2011/09/13/Petit-labour-d-automne-Elephant-laboureur-3eme-partie