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Le pays du Tseu

Défauts féminins

1 Novembre 2013 , Rédigé par Eric Condette Publié dans #Textes

Défauts féminins

Les travers de la nature humaine ne concernent pas que les hommes. Les femmes non plus n'en sont pas totalement exemptes .

Qu'une femme ait un tempérament quelque peu autoritaire, qui la pousse à vouloir "t'ni l'potson" , mot à mot à "tenir la louche", c'est à dire être la maîtresse de sa maison, pour ne pas dire "porter la culotte", et elle se verra qualifiée de « freûgon ».

Si en plus elle se montre trop téméraire, on dira d'elle que c'est un « barandiau ».

Est-­elle débordante d'activité au point de tout bousculer autour d'elle (en particulier lorsque "ç'te feunne fait son r'veûyon", que cette femme fait son ménage), et on la traitera de « borellon ».

Si elle cherche toujours à imposer sa volonté, ce sera alors une « dzeûvouse » (sans doute de : « dze voux », je veux) .

Si elle n'hésite pas à se « gnarcotter »(se disputer) avec ceux ou celles qui n'abondent pas dans son sens on la décrira comme une « tignouse ».

Si au contraire, elle manque de caractère au point que cela se traduise par une certaine mollesse, on lui reprochera d' être une (grande) « panosse ».

Si en plus "alle est toudze à grémenter" (elle est toujours en train de se plaindre), on ajoutera qu'elle est bien « quignouse » ou « tsougnouse », qu'elle est "c'ment la polaille byintse: quand alle a pas mau à la patte (ou au d'ri) alle a mau à l'hintse"(quand elle n'a pas mal à la patte, (ou au c..), elle a mal à la hanche). Une réflexion fréquente dans ce cas consistera à dire : « Y'a qu' la langue qu'a point d' mau » (de mal).

Ceci nous amène à mentionner un autre reproche que l'on fait parfois (et même souvent) aux femmes, c'est d'être des « badrelles » (des bavardes) qui passent leur temps à "tabailli" (jacasser, bavarder).

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Olivier de Vaux 27/02/2014 09:14

Je ne sais plus si je l'ai déjà dit quelque part, le qualificatif "dzveux" vient, d'après moi du verbe "endêver". Extrait du T.L.F. :
Dér. de l'a. fr. desver, derver « devenir fou, enrager » attesté dep. le xes. (part. passé desvez « fous », Alexis, éd. Ch. Storey, 617; derver, ca 1170, Maurice de Sully, Homélies d'apr. FEW t. 10, p. 186a) et que la plupart des étymologistes s'accordent à rattacher à l'a. fr. resver (v. rêver) sans que le problème de l'orig. des deux formes resver et desver ait été résolu de façon décisive (cf. notamment EWFS2pour la BBG).

Olivier de Vaux 01/03/2014 21:36

Oui, et c'est bien parce que dzevou donne dzevouse au féminin que je doute que le mot se soit formé sur je veux. Je pense que plus d'un locuteur prononce dzvou, dzvouse en une syllabe, comme on prononce stsi pour satsi. Mais peu importe, notre petite discussion nous aura permis de faire un pas de plus dans la compréhension de noton patoîs !

L'Eric 01/03/2014 21:28

Tout cela est très bien, sauf que dzevou comporte 2 syllabes (contrairement à dsveu) et ce n'est pas non plus tout à fait le même sens d'un village à l'autre... D'autre part, je ne peux qu’adhérer à l'approche de Michel dans son premier commentaire sur cette (petite) question.
Pour ma part, c'est bien la forme "eune dzevouze" que j'ai entendue et notée et jamais "eune *dze voux". (Mon astérisque indique, comme pour les étymons supposés de l’indo-européen, une forme hypothétique, jamais avérée.)

Olivier de Vaux 01/03/2014 18:13

Eric a bien raison de dire que tout ne peut pas se rattacher aux seules racines de l'ancien français ; toutefois, dans le cas présent, j'avais constaté que le verbe "endêver", très utilisé dans toute la Bourgogne alors qu'il a disparu de bien des dictionnaires contemporains, manquait au Pàys du Tseu . Quand je suis tombé sur la variante du Xe siècle "desver" j'ai été conquis : j'avais le "chaînon manquant" reliant le "dzveux" au verbe endêver ! Il en faut peu pour me faire plaisir, me direz-vous ! On voit bien que vous n'avez pas été traités de chtit dsveux pendant vingt ans au moins !
J'aime bien l'approche de Michel :
- un "dze voux" qui donnerait alors une "dze voux" et non une dzevouse, une personne autoritaire,
- un "dsvoux" , une "dsvouse", une personne agaçante, toujours prête à lancer des piques, à faire "enradzi".
Ma foi, ce n'est pas très important, ce qui compte c'est que le sens de "dsver, dsvoux, dsvouse) est bien celui du vieux verbe "desver" (devenir fou, enrager). Pour ma part je vais adopter cette dernière orthographe afin d'éviter la confusion avec le dz qui oriente immédiatement vers un j ou un gé.

le m'tse 01/03/2014 10:01

N'y aurait-il pas deux mots?
"dzevou" pour autoritaire
"dsveu" pour rendre fou
Ou bien deux sens pour le même mot, ce qui est loin d'être rare en patois.

L'Eric 01/03/2014 08:52

On m'avait indiqué, à l'époque où j'enquêtais sur le patois de Trivy, que "dzevou" (en 2 syllabes) s'appliquait à une personne velléitaire ou entêtée. L' étymologie que je me suis hasardé à suggérer n'a bien sûr rien de scientifique; j'ai proposé cette explication en me basant simplement sur le sens du mot tel qu'on me l'a expliqué en contexte.
Je crois de toute façon qu'il faut rester humble dans ce domaine, d'autant plus que les patois de notre régions ont subi des influences diverses et que tout ne peut pas se rattacher aux seules racines de l'ancien français.

Olivier de Vaux 28/02/2014 22:05

Tu vois Michel, comme l'orthographe est essentielle ! Bien sûr, pour éviter la confusion avec le dz correspondant au j il faut écrire non pas dzveux mais dsveux ; pour avoir été traité de dsveux toute mon enfance alors que je n'étais exigeant en rien, je ne crois pas un instant à l'hypothèse d'Eric, mas dz'voux pas éte trop dsveux davo lu.

le m'tse 28/02/2014 09:43

Peut-être, mais il y a le "dz" qui vient compliquer. Et si le"dzevou" et la "dzevouse" ne venait pas tout simplement du passage du verbe au nom? C'est ce que semble indiquer Eric Condette dans le Pays de la Noue ( à Trivy bien sûr, l'épicentre du Tseu!!!)

Andiamo 02/11/2013 10:56

Ma mère disait d'une personne se plaignant tout le temps de maux divers :
"Elle est comme la poule blanche, quand elle n'a pas mal à la patte, elle a mal à la hanche" !

Andiamo 05/11/2013 11:26

Eric : s'il n'est bon bec que de Paris, il est de bon pinard autre que celui de Montmartre ! Heureusement !
On ne choisit pas là où l'on naît, mais la rue Lafayette c'est pas dégueu !

Eric Condette 03/11/2013 20:18

Nul n'est parfait, Andiamo. Néanmoins, je ne peux que me réjouir de voir qu'un Parigot pur jus de chez Paname depuis des générations s'intéresse au patois Charolais-Brionnais, sans oublier le Haut-Mâconnais ou la région de Cluny; c'est un peu, comme qui dirait, nos arrondissements...

Olivier de Vaux 03/11/2013 18:34

Forcément les défauts féminins sont les mêmes à Paris ou au fond de la Bresse louhannaise, le gros macho de service dira "eune polaille, eune fois pyeumée, y rchimbe à la polaille d'à coûté" cment deux gottes d'iau.

Andiamo 03/11/2013 16:29

Ma mère ? née à Paris , sa mère : née à Paris, sa grand'mère ? née à Paris et comme ça sur 6 ou 7 générations ! le père de ma mère né à Paris aussi !
Désolé point de verte campagne.

Eric Condette 02/11/2013 13:12

Votre mère, dont je serais curieux de connaître le département d'origine, avait peut être des expressions appartenant au "français régional".