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Le pays du Tseu

Cardzot d'Seuvgnon n°55

26 Novembre 2013 , Rédigé par Olivier Chambosse Publié dans #Ateliers

Cardzot d'Seuvgnon n°55

Une histoire vraie :

Marie Clémencin, épouse Dargaud, connue sous le nom de Marie Totatot a été hospitalisée et le chirurgien lui a dit, comme toujours dans ces circonstances : "posez vos dents, madame Dargaud", ce qui lui valut la belle réplique de Marie Totatot : "Mas, y'est les miñnes, docteur !". Ce dernier qui avait conservé de son enfance charolaise de bonnes notions de patois s'étonna : "Cment vos ez-ti fait p'les conseurver si bié ?" La réponse a fusé dans la pièce aseptisée : "Dz'les ai rincies tos les dzos qu'le Bon Dieu a fait davo d'la goutte, docteur !".

Je n'ai pas pu savoir quelle était l'origine du surnom de Marie Clémencin, Totatot : s'agit-il d'un Tout atout de joueur de belote, d'un Toute-à-toi de midinette, le saura-t-on jamais ?

Un joli verbe à signaler : breusseuilli, signifiant bruire, bruisser. Le matenot boffot dans les brintses du vieux peupyî beutteux ; élardés dans l'hârbe fraîtse nos acoutint ses ptiètes feuîlles breusseuilli dans la boudeure de noute prânîre. Le vent d'est soufflait dans les branches du vieux peuplier au tronc creux ; vautrés dans l'herbe fraîche nos écoutions ses petites feuilles bruisser dans la moiteur de notre sieste.

Un petit mot bien senti : le sentî, tout simplement le sentier : Ah, l'foutu sentî, dz'pouyos pas l'chintre ! Ah, le foutu sentier, je ne pouvais pas le sentir !

Et pour en terminer avec ce cardzot, un chiffre : trâs, trois bien sûr, par déformation du son "oi" en "â", très courante au Pàys du Tseu. Les Trapettisses, y'étint pas trâs, y'étint quate, cment les Trâs Mousquetaires. Les Trapettistes, ils n'étaient pas trois, ils étaient quatre, comme les Trois Mousquetaires.

Tout ça pour vous dire qu'ils chantent en patois, pour notre plus grand plaisir, dans la Comédie Musicale, Yéyette, le 30 novembre et le 1er décembre à Sivignon.

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le m'tse 26/11/2013 17:47

A Trambyi, le peuplier se dit aussi "peup-ye" (avec un tiret, sinon 98 % des gens prononcent "peupy" pour la lecture). Je sais qu'Olivier n'est pas d'accord.
Dans la région de Matour le "totatot" serait la mouture pour les animaux des résidus (petits grains et vesce sauvage-"la dzardeuillerie"-) provenant de la batteuse et du trieur ou vannoir - "le vannou". Ce serait donc un mélange. Quel genre de mélange pour la Marie Totatot, positif ou négatif, adroite en tout ou bric-à-brac. Seul ses voisins pourraient le dire! Mais il est possible que "totatot" ait d'autres sens...

Olivier de Vaux 26/11/2013 18:45

Ah, bah, dz'me sus pas rlu, du cop dz'ai fait eune grosse faute à la 2ème ligne : ô tremb-ye et non au tremb-ye. Apeu queustion, y'est pas tseu, faut dère queuchon bié seur !

Olivier de Vaux 26/11/2013 18:41

Le peup-ye de France est cment les peup-yes (gare à la prononciation) de Trambyi obin d'Treuvy, au tremb-ye de totes ses feuîlles au premi cop d'vent !
Dz'voudros bin trouwer un mòyen d'écri cment y faut çhte foutu mot, mas y'est pas possib-ye ! Faut s'rabatte su l'tiret obin l'apostrophe. A Seuvgnon nos ans ranque des peupyîs d'Italie, alô nos.s'posans pas la queustion ! Et pour m'avoir lu jusqu'au bout voici une expression à méditer, remontant à la guerre entre Seuvgnon et Bfires : "Bfirons mandzeux d'meûrons, Seuvgnonnis mandzeux d'cailli". Voilà les terribles invectives proférées par les enfants des écoles lorsqu'ils se rencontraient le long d'un buisson séparant les deux communes, dans les années cinquante.
Le totatot des Matourins est bien sympathique, il doit correspondre à notre "crapet", désigné un peu plus au nord du charolais par la "tsièvre" ou encore la "feurtâ" ou la "feurtasse", variante de nos "feurtèches" qui désignent toutes sortes de végétaux non utilisables en l'état.

L'Eric 26/11/2013 13:29

Vé les Treuvijauds (copoux d'mots), y chimbye bié que p'un "peupyi", is diant un "peûpye"... P'têt' qu'le M'tse va pouya nous dère c'ment que diant les Trambyirons.

Andiamo 26/11/2013 11:21

attelées (sorrey)

Olivier de Vaux 26/11/2013 12:11

Je connais Cunlhat, mais j'avoue que le village ne m'a pas laissé de souvenir impérissable si ce n'est celui de sa prononciation correcte.

Andiamo 26/11/2013 11:20

A propos du "senti" :
Je ne sais pas si c'est le cas dans ton coin, mais il y a quelques années j'étais repassé à Cunlhat (prononcez KUNYA) et tous les sentiers de mon enfance, lorsque j'allais en vacances, ont pratiquement disparus ! Bouffés par les ronces ! Les paysans n'empruntent plus ces "raccourcis" avec leurs vaches attelés, ils préfèrent la route avec le tracteur.

Olivier de Vaux 26/11/2013 12:09

Chez moi, la plupart des chemins ont été conservés. C'est dû au fait qu'il n'y a pas eu de remembrement. Ceux qui ne sont pas régulièrement entretenus le sont à la belle saison pour permettre aux randonneurs de varier les itinéraires.